Paul CELAN : poèmes, oeuvres et biographie

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Paul CELAN (1920-1970)

Sa biographie

Portrait de Paul CELAN

Paul Celan (23 novembre 1920 – 20 avril 1970) est un po√®te et traducteur roumain de langue allemande, n√© Paul Pessach Antschel au sein d’une famille juive allemande √† CernńÉu»õi – Roumanie -, l’ancienne Czernowitz, et naturalis√© fran√ßais le 8 juillet 1955. C’est peut √™tre le plus grand po√®te de langue allemande de l’apr√®s-guerre, composant une Ňďuvre absolument novatrice, consciente de venir apr√®s l’√©v√©nement majeur de l’extermination des juifs d’Europe.

Son nom d’√©crivain est l’anagramme de son patronyme Ancel (en roumain), ou Antschel (en allemand).

Il est le seul fils d’une famille juive de CernńÉu»õi, Bucovine, r√©gion faisant alors partie de la Roumanie r√©unifi√©e (Grande Roumanie). Ses parents, d’origine allemande, Leo Antschel-Teitler et Friederike n√©e Schrager, parlent allemand √† la maison.
√Ä six ans, il suit les cours d’une √©cole √©l√©mentaire lib√©rale en langue allemande, et est envoy√© ensuite √† l’√©cole juive Safah Ivriah. Apr√®s sa Bar Mitsva en 1933, Celan rejoint un groupe de jeunesse antifasciste, qui publie un magazine marxiste, l’√Čtudiant rouge. Mais il est moins attir√© par Marx que par des auteurs libertaires comme Pierre Kropotkine et Gustav Landauer. Il √©tudie ensuite la m√©decine en 1938 en France, mais retourne en Roumanie, √† l‚Äôuniversit√© de CernńÉu»õi, pour √©tudier la litt√©rature de langue romane.

En 1942, ses parents qui refusent de se cacher, sont envoy√©s dans un camp d‚Äôinternement en Transnistrie (qui √©tait, avant 1940, une autre r√©gion de la Roumanie, et reprise en 1941), o√Ļ son p√®re meurt de typhus, et sa m√®re, selon certains t√©moignages, est ex√©cut√©e d’une balle dans la nuque.
En 1943, Paul est envoyé dans un camp de travail forcé en Moldavie. Il est libéré par les Russes en 1944, change son nom en Paul Aurel, Paul Ancel, et finalement Paul Celan, et vit à Bucarest comme traducteur et éditeur.
En 1947, il quitte la Roumanie pour Vienne en Autriche o√Ļ il publie son premier livre « Le sable des urnes » (Der Sand aus den Urnen). Il s‚Äôinstalle finalement √† Paris, o√Ļ il occupe la fonction de lecteur d’allemand et de traducteur √† l’√Čcole normale sup√©rieure.
En 1952, il √©pouse l‚Äôartiste Gis√®le de Lestrange, qu’il avait rencontr√©e en 1951 et √† qui il √©crit plus de 700 lettres en 19 ans. Cette correspondance a √©t√© publi√©e en 2001 gr√Ęce √† l’aide de son fils Eric. Il avait aussi une correspondance cons√©quente avec une autre femme qu’il aimait : il s’agit de Ingeborg Bachmann. Cette correspondance a √©t√© publi√©e en allemand en ao√Ľt 2008 par l’√©diteur Suhrkamp sous le titre Herzzeit (« Le temps du cŇďur »).

Il re√ßoit le prix Georg B√ľchner en 1960, et prononce pour l’occasion un magnifique discours, « Le M√©ridien », o√Ļ il pr√©sente √† travers une lecture du th√©√Ętre de B√ľchner ce que sont pour lui l’art et la po√©sie.
Il est intern√© plusieurs fois √† partir de 1965 dans des h√īpitaux psychiatriques d’o√Ļ il √©crit quelques textes en h√©breu.
Il rencontre en 1967 √† Todtnauberg le philosophe Martin Heidegger. Il attend de lui une parole pour les Juifs extermin√©s qui n’est pas venue. Ce silence lui a inspir√© le po√®me « Todtnauberg ».
En 1968, il rejoint Andr√© du Bouchet, Jacques Dupin, Yves Bonnefoy, Michel Leiris et Louis-Ren√© Des For√™ts au comit√© de r√©daction de la revue « L’√Čph√©m√®re ».
Il visite Isra√ęl en octobre 1969 et y donne plusieurs conf√©rences.

Paul Celan se jette dans la Seine dans la nuit du 19 au 20 avril 1970. On ne retrouvera son corps que le 1er mai.

La mort de ses parents dans les camps nazis et son propre passage dans un camp de travail l’ont profond√©ment marqu√©. √Ä la fois t√©moin et victime du nazisme, il contredit la fameuse formule, datant de 1955, d‚ÄôAdorno, philosophe post-marxiste, selon laquelle ¬ę √Čcrire un po√®me apr√®s Auschwitz est barbare…¬Ľ.

Ses premiers po√®mes datent de 1940, dans diff√©rents p√©riodiques, mais son deuxi√®me livre, « Mohn und Ged√§chtnis » (« Pavot et m√©moire », 1952) assoit sa r√©putation de po√®te de l’Holocauste, d’abord en Allemagne, puis dans le monde entier. Son po√®me le plus connu, « Todesfuge » (« Fugue de la Mort ») a pour th√®me le sort des Juifs dans les camps d’extermination.

Il re√ßoit le prix de litt√©rature de Br√™me, et consid√®re avec ses amis po√®tes Ren√© Char, Edmond Jab√®s et Nelly Sachs, que le langage doit se lib√©rer de l’Histoire, et doit √™tre utilis√© avec des mots qui r√©pondent au silence impos√© sur la situation terrible qu’il a v√©cu. Ses vers deviennent alors de plus en plus crypt√©s, fractur√©s et monosyllabiques, se comparant en cela √† la musique de Webern. Toute la po√©tique de Celan tient dans son imp√©ratif, √† la fois moral et esth√©tique, de cr√©er ce qu’il appelait une « contre-langue », qui consistait en une mise en accusation implacable et d√©finitive de la langue et de la culture allemandes dont la Shoah √©tait l’aboutissement (cf : Jean Bollack, « Po√©sie contre po√©sie », PUF, 2001).

La fausse accusation de plagiat de l’Ňďuvre d‚ÄôYvan Goll men√© par sa femme Claire Goll le conduit √† la d√©pression nerveuse. Claire Goll a fait une campagne de diffamation contre Paul Celan tout le long de sa vie. Il a traduit en effet des po√®mes de Yvan Goll, ainsi que des textes de Jean Cocteau, Henri Michaux, Ossip Mandelstam, Giuseppe Ungaretti, Fernando Pessoa, Arthur Rimbaud, Paul Val√©ry, Ren√© Char, Emil Cioran, Andr√© du Bouchet, et Jacques Dupin.


Source : Wikipédia
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