Poème 'La réponse du crucifix' de Émile NELLIGAN dans 'Émile Nelligan et son œuvre - Petite Chapelle'

La réponse du crucifix

Émile NELLIGAN
Recueil : "Émile Nelligan et son œuvre - Petite Chapelle"

En expirant sur l’arbre affreux du Golgotha,
De quel regret ton âme, ô Christ, fut-elle pleine ?
Était-ce de laisser Marie et Madeleine
Et les autres, au roc où la Croix se planta ?

Quand le funèbre chœur sans Toi se lamenta,
Et que les clous crispaient tes mains; quand, par la plaine,

Ton âme eût dispersé la fleur de son haleine,
Devançant ton essor vers le céleste Etat;

Quel fut ce grand soupir de tristesse infinie
Qui s’exhala de toi lorsque, l’œuvre finie,
Tu t’apprêtais enfin à regagner le But ?

Me dévoileras-tu cet intime mystère ?
-Ce fut de ne pouvoir, jeune homme, le fiel bu,
Serrer contre mon cœur mes bourreaux sur la Terre !

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Commentaires

  1. L’arbre songe à la croix
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    L’arbre qui dans l’Eden dépeuplé subsista
    Se mit à méditer quand la lune fut pleine ;
    Venant d’on ne sait où, par une nuit sereine,
    Une révélation soudain le visita.

    Les mots d’un charpentier, que l’écho répéta,
    Séduisirent son coeur, comme une cantilène ;
    Il vit aussi pleurer la Vierge Souveraine
    Quand dans ce corps humain le métal se planta.

    Il vit que la nation, de ce jardin bannie,
    Recevait le pardon comme une épiphanie,
    L’instrument du supplice étant son tendre bois.

    Car les arbres, souvent, comprennent les mystères,
    Le pain du dernier jour, le calice que boit
    Avec ses compagnons le Sauveur de la Terre.

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