Poème 'L’Antiquaire' de Émile NELLIGAN dans 'Émile Nelligan et son œuvre - Pastels et Porcelaines'

L’Antiquaire

Émile NELLIGAN
Recueil : "Émile Nelligan et son œuvre - Pastels et Porcelaines"

Entre ses doigts osseux roulant une ample bague,
L’antiquaire, vieux Juif d’Alger ou de Maroc,
Orfèvre, bijoutier, damasquineur d’estoc,
Au fond de la boutique erre, pause et divague.

Puis, les lampes de fer que frôle l’ombre vague
S’approchant tout fiévreux, le moderne Shylock
Recule, horrifié. Rigide comme un bloc
Il semble au coeur souffrir de balafres de dague.

Malheur ! Ce vieil artiste a trop tard constaté
Que l’anneau Louis XIV à fou prix acheté
N’est qu’un bibelot vil où rit l’infâme fraude.

C’est pourquoi, sous le flot des lustres miroitants,
L’horrible et fauve jet de son oeil filtre et rôde
Dans la morne pourpreur des rubis éclatants.

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