Poème 'La Vie des chambres' de Georges RODENBACH dans 'Le Règne du silence'

La Vie des chambres

Georges RODENBACH
Recueil : "Le Règne du silence"

I

Les chambres, qu’on croirait d’inanimés décors,
— Apparat de silence aux étoffes inertes —
Ont cependant une âme, une vie aussi certes,
Une voix close aux influences du dehors
Qui répand leur pensée en halos de sourdines…
Les unes, faste, joie, un air de nonchaloir !
D’autres, le résigné sourire d’un parloir
Qui fit vœu de blancheur chez les visitandines ;
D’autres encor, grand deuil des trahisons d’un cœur,
Mouillant les bibelots de larmes volatiles ;
Chambres qui sont tantôt bonnes comme une sœur,
Puis accueillent tantôt avec des yeux hostiles,
Quand on trouble leur rêve au fil nu du miroir,
Leur rêve d’Ophélie au miroir d’eau dormante !
Elles ont une vie étrange qui s’augmente
Des souvenirs que les vieux portraits dans le soir
À leur front d’Ophélie, en guirlandes fanées,
Vont effeuillant dans le miroir languissamment,
Souvenirs presque plus roses d’autres années !
Chambres pleines de songe ! Elles vivent vraiment

En des rêves plus beaux que la vie ambiante,
Grandissant toute chose au symbole, voyant
Dans chaque rideau pâle une communiante
Aux falbalas de mousseline s’éployant
Qui communie au bord des vitres, de la lune !
Et voyant dans le lustre une âme de cristal
Qui crispe au moindre heurt ses branches une à une,
Sensitive de verre à qui le bruit fait mal.
Chambres pleines de songe et qui, visionnaires,
Parmi leur rangement strict et méticuleux,
Prennent les grands fauteuils pour des vieillards frileux
En cercle dans la chambre et valétudinaires.

II

Douceur d’associer notre âme à cette vie
Des chambres, qui du moins sont bonnes à nos maux ;
Car, pour nous consoler, il ne faut pas des mots
Et leur silence aux linges frais nous lénifie

— Tel un malade entrant dans un lit rafraîchi !
Ah ! Qu’on nous recajole ! Ah ! Quel mal à nos membres !
Et cet immense ennui que rien n’aura fléchi !
Et ce mal à notre âme en exil… mais les chambres
Sont accueillantes, sont des mères sachant bien
Le cœur de notre cœur, et jusqu’à la nuance…
Elles ont des douceurs et des baumes ! Combien
Consolante est leur paix dont l’âme s’influence ;
Et quel soudain oubli de tout ! Quel réconfort
Quand le vague soupir des choses nous y berce,
Respiration lente et qui, rythmique, endort
Comme un bruit d’eaux, ou de jardin sous une averse !

III

Oui ! C’est doux ! C’est la chambre, un doux port relégué
Où mon rêve, lassé de tendre au vent ses voiles,
Dans le miroir tranquille et pâle s’est cargué.
Las ! Sans plus espérer des sillages d’étoiles,
Et des départs vers des îles, mon rêve dort
Dans le profond miroir, comme en un canal mort ;
Et faut-il désirer un coup de vent qui chasse
En pleine mer, cette âme à l’ancre dans la glace ?

IV

Mon âme, tout ce long et triste après-midi,
A souffert de la mort d’un bouquet, imminente !
Il était, loin de moi, dans la chambre attenante
Où ma peur l’éloigna, déjà presque engourdi,
Bouquet dépérissant de fleurs qu’on croyait sauves
Encor pour tout un jour dans la pitié de l’eau,
Gloxinias de neige avec des galons mauves,
Bouquet qui dans la chambre éteignait son halo
Et se désargentait en ce soir de dimanche !
Mon âme, tu souffris et tu t’ingénias
À voir ta vie, aussi fanée et qui se penche,
Agoniser avec ces doux gloxinias.
Or me cherchant moi-même en cette analogie
J’ai passé cette fin de journée à m’aigrir
Par le spectacle vain et la psychologie
Douloureuse des fleurs pâles qui vont mourir.
Triste vase : hôpital, froide alcôve de verre
Qu’un peu de vent, par la fenêtre ouverte, aère
Mais qui les fait mourir plus vite, en spasmes doux,
Les pauvres fleurs, dans l’eau vaine, qui sont phtisiques,
Répandant, comme en de brusques accès de toux,
Leurs corolles sur les tapis mélancoliques.

Douceur ! Mourir ainsi sans heurts, comme on s’endort,
Car les fleurs ne sont pas tristes devant la mort,
Et disparaître avec ce calme crépuscule
Qui d’un jaune rayon à peine s’acidule.

V

Le miroir est l’amour, l’âme-sœur de la chambre
Où tout d’elle : le lustre en fleur, les bahuts vieux,
La statuette au dos de bronze qui se cambre,
Se réfléchit en un hymen silencieux.
Car l’amour n’est-ce pas n’être plus seul et n’est-ce
Pas se doubler par un autre meilleur que soi ?
Or la chambre se double au fond du miroir coi
Avec un renouveau de songe et de jeunesse ;
Mais les choses pourtant entre le cadre d’or
Ont un air de souffrir de leur vie inactive ;
Le miroir qui les aime a borné leur essor
En un recul de vie exiguë et captive ;
Et l’amour absorbant et profond du miroir
Attriste d’infini la chambre, qui se doute
D’un désaccord entre eux aux approches du soir,
Sentant que le miroir ne la contient pas toute !

VI

Dans l’angle obscur de la chambre, le piano
Songe, attendant des mains pâles de fiancée
De qui les doigts sont sans reproche et sans anneau,
Des mains douces par qui sa douleur soit pansée
Et qui rompent un peu son abandon de veuf,
Car il refrémirait sous des mains élargies
Puisqu’en lui dort encor l’espoir d’un bonheur neuf.
Après tant de silence, après tant d’élégies
Que le deuil de l’ébène enferma si longtemps,
Quelle ivresse si, par un soir doux de printemps,
Quelque vierge attirée à sa mélancolie
Ressuscitait de lui tous les rythmes latents
Gerbe de lis blessés que son jeu lent délie ;
Eau pâle du clavier où son geste amusé

— Rafraîchi comme ayant joué dans une eau claire
Ferait surgir un blanc cortège apprivoisé,
Cygnes vêtus de clair de lune en scapulaire,
Cygnes de Lohengrin dans l’ivoire nageant !
Hélas ! Le piano reste seul et morose
Et défaille d’ennui par ce soir affligeant
Où dans la chambre meurt une suprême rose.
La nuit tombe ; le vent fraîchit ; nul n’est venu
Et, résigné parmi cette ombre qui le noie,
Il refoule dans le clavier désormais nu
Les possibilités de musique et de joie !

VII

Les vitrages de tulle en fleur et de guipures
Pendent sur les carreaux en un blanc nonchaloir ;
On y voit des bouquets comme des découpures
Adhérant sur la vitre au verre déjà noir.
Mais le tulle est si loin, encor qu’il les effleure,
Et ne s’y mêle pas, en vivant à côté ;
Les blancheurs des rideaux n’étant au fond qu’un leurre
Qui laisse aux carreaux froids toute leur nudité !
Et leurs frimas figés, flore artificielle,
Ne font pas oublier aux vitres d’autres soirs
Où de réelles fleurs naissent des carreaux noirs,
Des fleurs que la gelée élabore et nielle,

— Au lieu de ce grésil de linge mensonger-
Songe de fleurs qui ne leur est plus étranger,
Blancheurs où leur cristal se sent brusquement vivre,
Ramages incrustés dans le verre, et brodés
Sur les carreaux qui s’en sont tout enguirlandés,
Rideaux incorporés en dentelles de givre !

VIII

L’obscurité, dans les chambres, le soir, est une
Irréconciliable apporteuse de craintes ;
En deuil, s’habillant d’ombre et de linges de lune,
Elle inquiète ; elle a de félines étreintes
Comme une eau des canaux traîtres où l’on se noie
L’obscurité, c’est la tueuse de la joie
Qui dépérit, bouquet de roses transitoires,
Quand elle y verse un peu de ses fioles noires.
L’obscurité s’installe avec le crépuscule ;
Elle descend dans l’âme aussi qui s’enténèbre ;
Sur le miroir heureux tombe un crêpe funèbre
La clarté, dirait-on, est blessée et recule
Vers la fenêtre où s’offre un linceul de dentelle.
L’ombre est un poison noir, d’une douceur mortelle !
Et voici qu’on frémit d’on ne sait quoi… c’est l’heure
Où le vol libéré des âmes nous effleure ;
Ah ! Quel trouble ! Et les peurs, les peurs dominatrices
Dans les rideaux des lits agitant des fantômes !
Et ces sachets du linge aux sensuels arômes !
Et les lampes, là-bas, rouvrant leurs cicatrices,
Qui vont recommencer à faire saigner l’ombre !
Mais l’ombre se défend contre les lampes frêles,
Épaississant dans les angles sa force sombre
— On écoute les moucherons griller leurs ailes… —
Et l’on soupçonne, à voir mourir les bestioles,
Que c’est l’obscurité qui se venge ainsi d’elles
Pour avoir aimé mieux que ses noires fioles
Le soleil qui revit dans les lampes fidèles !

IX

Chaque rêve, les soirs de rêve, qu’on formule
A l’air de s’évader de nous languissamment
Et de traîner par la chambre comme une bulle
Portant la part d’azur au fond de nous dormant ;
Globes fragiles, or et bleu, boules de verre
Où tout le luxe clair de la chambre est miré.
L’une suit l’autre ; l’une est vacillante, elle erre
Avec une lenteur de flocon expiré ;
D’autres rôdent d’un air perdu de somnambules,
Ayant peur des rideaux, ayant peur du plafond,
Car, se heurter un peu, c’est la mort… elles vont !
La chambre fait silence et jongle avec ces bulles.

Or le miroir cruel les attire. Voici
Qu’elles virent dans l’air vers la clarté du piège,
Croyant l’espace libre en ce cadre transi
Dont le leurre recule un chemin qui s’abrège.
Mais toutes, arrivant près du miroir blafard,
Où leur illusion voyait une fenêtre
Ouverte à l’infini, sur l’infini peut-être,
Y sentent éclater leur cristal plein de fard…
— Symboles de la fuite éparse de nos rêves
Qui vont vite mourir au fond des glaces brèves.

X

Quand le soir est tombé dans la chambre quiète
Mélancoliquement, seul le lustre émiette
Son bruit d’incontenté dans le silence clos.
Lustre toujours vibrant comme un arbre d’échos,
Lustre aux calices fins en verre de Venise
Où la douleur de la poussière s’éternise,
Mais en gémissements qu’à peine on remarqua,
Grêles comme un chagrin lointain d’harmonica.
C’est une panoplie aux cliquetis de verre
Où l’on entend le bruit blessé qui persévère ;
C’est un grand reliquaire à l’aspect végétal
Où d’invisibles pleurs, captifs dans le cristal,
Roulent en sons mouillés parmi les pendeloques.

Lustre, fontaine blanche aux givres équivoques ;
Lustre, jet d’eau gelé, mais où l’eau souffre encor…
Ce lustre, c’est mon cœur visible en ce décor
Qui frissonne en sourdine et sans cesse s’afflige,
Jet d’eau fleurdelisé dont la plainte se fige !

XI

Les chambres vraiment sont de vieilles gens
Sachant des secrets, sachant des histoires,
— Ah ! Quels confidents toujours indulgents ! —
Qu’elles ont cachés dans les vitres noires,
Qu’elles ont cachés au fond des miroirs
Où leur chute lente est encore en fuite
Et se continue à travers les soirs,
Chute de secrets dont nul ne s’ébruite !

Les chambres vraiment sont de bons vieillards
Et ce sont aussi de bonnes aïeules ;
Eux, rêvent tout bas à d’anciens départs ;
Elles prennent peur quand elles sont seules,
Tristes pour jamais d’avoir vu mourir.
Voilà la douleur toujours actuelle,
La douleur humaine et contre laquelle
Les chambres en deuil n’ont pu s’aguerrir ;
Se remémorant encor la minute
Où jadis telle âme, à la fin du soir,
S’envola soudain dans l’air du miroir
Et depuis ce temps y poursuit sa chute.

XII

Dans les chambres, comme ils parlent, les vieux portraits
Dont la bouche a gardé des roses d’azalées ;
Comme ils parlent tout bas, malgré leurs yeux distraits
Qui regardent au loin des choses en allées ;
Ils parlent dans le soir d’un air avertisseur
Et disent d’être doux et d’être bénévoles ;
Ils ont des mots ouatés et blancs de confesseur,
Des mots tels qu’on en lit au long des banderoles
Peintes, dans les missels, aux lèvres des élus.
Ils parlent lentement, avec des voix si nulles !
Voix comme en rêve ; voix en conciliabules,
S’appareillant avec leurs yeux irrésolus.

Voix dans l’absence ; voix tristes qui semblent veuves
Voix dans l’éloignement et qu’on dirait venir
D’au delà des jardins et d’au delà des fleuves…
Ah ! Ces voix des portraits quand le jour va finir !
Portraits d’aïeux, portraits d’aïeules ingénues
Que nous aimons un peu sans les avoir connues ;
Portraits anciens, portraits d’il y a si longtemps,
Avec qui nous causions souvent dans le silence
Quand l’ombre s’épandait en noirs tulles flottants,
— Posthumes entretiens où l’âme se fiance !
Telle aïeule surtout en blanc déshabillé
De linge suranné dont le fichu se croise
Qui souriait, la bouche encore un peu narquoise,
Mais de qui le sourire avait l’air effeuillé !

XIII

Quand on rentre chez soi, délivré de la rue,
Aux fins d’automne où, gris cendré, le soir descend
Avec une langueur qu’il n’a pas encore eue,
La chambre vous accueille alors tel qu’un absent…
Un absent cher, depuis longtemps séparé d’elle,
Dont le visage aimé dormait dans le miroir ;
Ô chambre délaissée, ô chambre maternelle
Qui, toute seule, eût des tristesses de parloir.

Mais pour l’enfant prodigue elle n’a que louanges…
L’ombre remue au long des murs silencieux :
C’est le soir nouveau-né qui bouge dans ses langes ;
Les lampes doucement s’ouvrent comme des yeux,
Comme les yeux de la chambre, pleins de reproche
Pour celui qui chercha dehors un bonheur vain ;
Et les plis des rideaux, qu’un frisson lent rapproche,
Semblent parler entre eux de l’absent qui revint.
La chambre fait accueil ; et le miroir lucide
Pour l’absent qui s’y mire, est soudain devenu
Son portrait-grâce à quoi lui-même il élucide
Tant de choses sur son visage mieux connu,

Des choses de son âme obscure qui s’avère
Dans ce visage à la dérive où transparaît
Son identité vraie au fil nu du portrait,
Pastel qui dort dans le miroir comme sous verre !

XIV

Dans l’air fraîchi, venant d’où, déclose comment ?
Vers moi, par la fenêtre ouverte, une musique
Déferle à petites vagues si tristement.
Elle me fait à l’âme un mal presque physique.
Confuse comme un songe… est-ce d’un piano,
Est-ce d’un violon méconnu qui s’afflige
Ou d’une voix humaine en élans comme une eau
D’un jet d’eau qui s’effeuille en larmes sur sa tige.
Ah ! La musique triste en route dans le soir,
Qui voyage en fumée, en rubans, qui sinue
En forme de ruisseaux pauvres dans l’ombre nue,
Et trace de muets signes sur le ciel noir
Où l’on peut suivre et lire un peu sa destinée
Dont les lignes du son tracent la preuve innée,
Chiromancie éparse, oracle instrumental !
Puis s’embrouille dans l’air la musique en partance,
Éteignant peu à peu ses plaintes de cristal
Qu’on s’obstine à poursuivre aux confins du silence.

XV

Songeur, dans de beaux rêves t’absorbant,
La pendule, à l’heure où seul tu médites,
T’afflige avec ses bruits froids, stalactites
Du temps qui s’égoutte et pleure en tombant.
C’est une eau qui filtre en petites chutes
Et soudain se glace aux parois du cœur ;
Et cela produit toute une langueur
L’émiettement de l’heure en minutes.

Collier monotone et désenfilé
De qui chaque perle est pareille et noire,
Roulant parmi la chambre sans mémoire ;
Piqûres du temps ; tic-tac faufilé.
Ah ! Qu’elle s’arrête un peu, la pendule !
Toujours l’araignée invisible court
Dans le grand silence, avec un bruit sourd…
Et ce qu’elle mord, et nous inocule !
La peur que demain soit comme aujourd’hui,
Que l’heure jamais ne sonne autre chose :
Un destin réglé dans la chambre close ;
Un peu plus de sable au désert d’ennui.

XVI

On aura beau s’abstraire en de calmes maisons,
Couvrir les murs de bon silence aux pâles ganses,
La vie impérieuse, habile aux manigances,
À des tapotements de doigts sur les cloisons.
Dans des chambres sans bruit on aura beau s’enclore,
On aura beau vouloir, comme je le voulais,
Que le miroir pensif soit de nacre incolore,
Un peu de clarté filtre à travers les volets.

Et l’on entend toujours la plainte de la vie !
Car, malgré notre vœu d’exil, nous nous créons
Une âme solidaire et qui s’identifie
Avec la rue en pleurs dans les accordéons.

Et peut-on empêcher ses vitres sous la pluie
D’être comme un visage exsangue, couronné
Par des épines d’eau que le vent obstiné
Tresse parmi le verre en pleurs, que nul n’essuie !
Vitres pâles, sur qui les rideaux s’échancrant
Sont cause que toujours la vie est regardée ;
Vitres : cloison lucide et transparent écran
Où la pluie est encor de la douleur dardée.
Vitres frêles, toujours complices du dehors,
Où même la musique, au loin, qui persévère,
Se blesse en traversant le mensonge du verre
Et m’apporte sanglants ses rythmes presque morts !

Ainsi la vie encor par les carreaux m’obsède,
Car toutes les douleurs sans nom qu’on oubliait :
Les cloches, le feuillage-éternel inquiet-
La pluie, et jusqu’au cri d’une fleur qui décède,
Tout cela qui gémit parmi le soir tombé
Attire mon esprit dans les vitres, doux piège
Où les larmes, les glas, les rayons morts, la neige
Se mêlent dans le verre à l’azur absorbé.

XVII

Les chambres, dans le soir, meurent réellement :
Les persiennes sont des paupières se fermant
Sur les yeux des carreaux pâles où tout se brouille ;
Chaque fauteuil est un prêtre qui s’agenouille
Pour l’entrée en surplis d’une extrême-onction ;
La pendule dévide avec monotonie
Les instants brefs de son rosaire d’agonie ;
Et la glace encore claire offre une assomption
Où l’on devine, au fond de l’ombre, un envol d’âme
Quotidienne détresse ! âme blanche du jour
Qui nous quitte et nous laisse orphelins de sa flamme !

Car chaque soir cette douleur est de retour
De la mort du soleil en adieu sur nos tempes
Et de l’obscurité de crêpe sur nos mains.
Ô chambres en grand deuil où jusqu’aux lendemains
Nous consolons nos yeux avec du clair de lampes !

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Georges RODENBACH

Portait de Georges RODENBACH

Georges Rodenbach (né le 16 juillet 1855 à Tournai et mort le 25 décembre 1898 à Paris) était un poète symboliste et un romancier belge de la fin du XIXe siècle. Issu d’une famille bourgeoise d’origine allemande – son père, fonctionnaire au ministère de l’Intérieur, est vérificateur des poids et mesures ;... [Lire la suite]

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