Poème 'Le Lièvre et la Tortue' de Jean de LA FONTAINE dans 'Les Fables'

Le Lièvre et la Tortue

Jean de LA FONTAINE
Recueil : "Les Fables"

Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point
Sitôt que moi ce but. – Sitôt ? Etes-vous sage ?
Repartit l’animal léger.
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d’ellébore.
- Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait : et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n’est pas l’affaire,
Ni de quel juge l’on convint.
Notre Lièvre n’avait que quatre pas à faire ;
J’entends de ceux qu’il fait lorsque prêt d’être atteint
Il s’éloigne des chiens, les renvoie aux Calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D’où vient le vent, il laisse la Tortue
Aller son train de Sénateur.
Elle part, elle s’évertue ;
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu’il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s’amuse à toute autre chose
Qu’à la gageure. A la fin quand il vit
Que l’autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu’il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi, l’emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?

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Commentaires

  1. Compère lévrier, camarade tatou,
    De quelle vérité portez-vous témoignage ?
    L’un de vous est fort vif, tel est son apanage,
    Mais l’autre a sûrement d’aussi puissants atouts.
    *
    Vous étiez l’autre jour, du côté de Chatou,
    Sur un bel hippodrome aux élégants virages.
    Lévrier, je t’ai vu explorer les parages,
    Allant jusqu’à flairer la piste d’un matou.
    *
    Jacques Perry-Salkow, tout en vous observant,
    Les lettres de vos noms s’en allait permutant ;
    C’est un hobby auquel, souvent, il s’évertue.
    *
    «Le lévrier», dit-il, et «le tatou», ces mots
    Vont pouvoir engendrer deux autres animaux
    Que nous connaissons bien : le lièvre et la tortue.

  2. Pour jouir des vertus qu’on prête à la revanche, notre lièvre convie dame tortue à la deuxième manche.

    ― Mais pourquoi t’obstiner à porter à dos ton cercueil ? lui lança-t-il au seuil du départ, alors que la fraîcheur de ton teint n’en justifie pas l’usage avant longtemps ! Crains-tu donc à ce point quelque issue funeste à chacun de tes pas ? Laisse-là ce fardeau à qui goûte au trépas. Ton allure, vois-tu, n’en sera que plus vive ! ( et surtout me fera moins t’attendre au but...)‏

    ― Vous m’attendez déjà, vous qui n’avez pourtant que votre langue à porter ? lui répond-elle à mi-parcours, l’ayant rejoint au fleuve à franchir, le bac étant en grève et la grève... illimitée.

    Celui qu’on n’a pas fait nageur voit l’autre arriver seule au but, et, fort patiente l’attendre encore.

  3. claquer

  4. au

  5. sol

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