Poème 'Le Tombeau de la négresse' de Émile NELLIGAN dans 'Émile Nelligan et son œuvre - Eaux-Fortes Funéraires'

Le Tombeau de la négresse

Émile NELLIGAN
Recueil : "Émile Nelligan et son œuvre - Eaux-Fortes Funéraires"

Alors qu’il nous eût fui le grand vent des hivers,
Aux derniers ciels pâlis de mars, nous la menâmes
Dans le hallier funèbre aux odeurs de cinnames,
Où germaient les soupçons de nouveaux plants rouverts.

De hauts rameaux étaient criblés d’oiseaux divers
Et de tristes soupirs gonflaient leurs jeunes âmes.
Au limon moite et brut où nous la retournâmes,
Que l’Africaine dorme en paix dans les mois verts !

Le sol pieusement recouvrira ses planches;
Et le bon bengali, dans son château de branches,
Pleurera sur maint thème un peu de ses vingt ans.

Peut-être, revenues en un lointain printemps,
Verrons-nous, de son cœur, dans les buissons latents
Eclore en grand lys noir entre des roses blanches.

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Commentaires

  1. Dame Plume et Maître Encrier
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    La plume et l’encrier sont, été comme hiver,
    Les serviteurs du jour, les gardiens de la flamme,
    Encrier, brave gars, et Plume, gente dame,
    Il est ici pour vous, ce cahier grand ouvert.

    De beaux feuillets qui sont noircis de mots divers,
    La virgule et le point qui leur donnent une âme,
    Avec votre assistance un grand recueil se trame ;
    Un corpus instructif, un petit univers.

    Ainsi qu’un bûcheron fait sa maison de planches,
    Ainsi qu’un bel oiseau fait son château de branches,
    Je bâtis un manoir de sonnets miroitants ;

    Et s’il leur est donné d’égayer le printemps
    Ou de redonner vie à mon coeur hésitant,
    Je poursuivrai mon chant sur d’autres pages blanches.

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