Poème 'Les Deux Mulets' de Jean de LA FONTAINE dans 'Les Fables'

Les Deux Mulets

Jean de LA FONTAINE
Recueil : "Les Fables"

Deux Mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé,
L’autre portant l’argent de la Gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette :
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein et l’arrête.
Le Mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j’y tombe, et je péris.
- Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi :
Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. « 

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Commentaires

  1. Admirons ce mulet si content de son sort :
    Quel que soit le malheur où le destin nous plonge,
    On trouve de ces gens qui raisonnent, qui songent,
    Qui prouvent à chacun qu'ils sont des esprits forts.

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