Poème 'Quand le fruit est cueilli la feuille ternissante…' de Jean-Baptiste CHASSIGNET dans 'Mespris de la vie et consolation contre la mort'

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Quand le fruit est cueilli la feuille ternissante…

Jean-Baptiste CHASSIGNET
Recueil : "Mespris de la vie et consolation contre la mort"

Quand le fruit est cueilli la feuille ternissante
Est de nulle valeur ; quant les raisins contrains
Ont passez par deus fois sous les pressoirs estrains
On jette à l’abandon la pressure fumante.

Le moulin s’allentit, quant la meule tournante
Pour exercer son tour n’a farines ny grains ;
Je dis que les viellars de leur fin sont prochains
Quant l’amendier fleurit sur leur teste branlante.

Encore en y at il qui pignant leurs cheveus
De viellesse chenus voyent de leurs neveus
Et des filz de leurs filz la maison toute pleine

Et ne s’estiment vieus, ne considerant pas
Lors que le chaud esté sur les arbres ameine
Les fruits delicieus, que les fleurs tombent bas.

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Commentaires

  1. Le marché se termine, allons, faut remballer ;
    La leçon est finie, on remercie le maître,
    Ayant montré comment il appréhendait l’être,
    Ayant tout exprimé, l’homme peut s’en aller.

    L’hiver des ans n’est point suivi par un été ;
    Tu peux dire un adieu à quiconque t’admire,
    Savourer les derniers bols d’air que tu respires,
    Détricoter enfin ta vieille identité.

    Comme sur une ardoise on efface une image,
    Nous détruit le trépas.
    Comment ? je ne sais pas.

    Que ferais-tu, si l’on te donnait davantage
    De temps ? Tu le perdrais,
    Comme souvent tu fais.

  2. Arbre à gidouilles volantes
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    C’est le jardin de l’arbre à gidouilles volantes ;
    Par la gravitation ne sont ses fruits contraints,
    Un désir d’aventure au matin les étreint :
    Ils ne sont pas porteurs de graines somnolentes.

    La gidouille volante, on la doit aux Atlantes ;
    Ils ont su l’évoquer en de jolis quatrains
    Et la réduire en pâte, en de profonds pétrins,
    Afin d’assimiler ses vertus stimulantes.

    On se sert de leur jus pour rincer les cheveux
    (C’est mis dans un tercet que m’envoie mon neveu,
    Citant, me semble-t-il, un écrit d’Avicenne).

    Ce sont d’excellents fruits, ne vous en privez pas,
    Mais ne présumez point qu’ils aillent vers le bas :
    Toute chute leur semble importune et malsaine.

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Jean-Baptiste CHASSIGNET

Portait de Jean-Baptiste CHASSIGNET

Jean-Baptiste Chassignet (1571-1635) est un poète baroque français. Né à Clairac en Agenais, alors terre d’Empire, Jean-Baptiste CHASSIGNET est le fils d’un médecin. Il reçoit une formation humaniste, étudie le droit à l’université de Dole où il obtient son doctorat, ce qui le mène à une carrière d’avocat... [Lire la suite]

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