Poème 'Qu’est-ce de vostre vie ? une bouteille molle…' de Jean-Baptiste CHASSIGNET dans 'Mespris de la vie et consolation contre la mort'

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Qu’est-ce de vostre vie ? une bouteille molle…

Jean-Baptiste CHASSIGNET
Recueil : "Mespris de la vie et consolation contre la mort"

Qu’est-ce de votre vie ? une bouteille molle
Qui s’enfle dessus l’eau, quand le ciel fait pleuvoir
Et se perd aussitôt comme elle se fait voir,
S’entre-brisant à l’heurt d’une moindre bricole :

Qu’est-ce de votre vie ? un mensonge frivole
Qui sous ombre du vrai nous vient à décevoir,
Un songe qui n’a plus ni force, ni pouvoir,
Lors que l’œil au réveil sa paupière décolle :

Qu’est-ce de votre vie ? un tourbillon rouant
De fumière à flot gris, parmi l’air se jouant,
Qui passe plus soudain que foudre meurtrière.

Puis vous négligerez dorénavant le bien
Durable, et permanent, pour un point, qui n’est rien
Qu’une confle, un mensonge, un songe, une fumière.

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Commentaires

  1. je ne la comprend pas

  2. Ici "bouteille molle" veut dire "bulle".

  3. Absolument pas, elle représente l'Homme, et "s'entre-brisant" la fragilité, ou même le fait de la fugacité de la vie de l'Homme.

  4. la bouteille molle est en fait une métaphore du corp humain car pour jean-Baptiste Chassignet il n'y a qu'une seule veritable vie la vie éternelle en effet c'est un texte religieux

  5. Vous pouvez inscrire "Cochonfucius" et "Chassignet" dans la fenêtre d'un moteur de recherche pour découvrir les liens de parenté entre ces deux auteurs.

  6. Décontraction
    -------------------

    Le corps enveloppé dans une ivresse molle,
    Chassignet, bien paisible, écoute l’eau pleuvoir,
    Décrivant dans ses vers les bulles qu’il peut voir ;
    C’est le simple bonheur d’un auteur qui bricole.

    Il pourrait raconter des mensonges frivoles,
    Des fables, des récits faits pour nous décevoir ;
    Il préfère augmenter des hommes le savoir
    Et songe sagement, cependant qu’il picole.

    Il ne nous charme point en nous amadouant,
    Mais en nous alarmant, mais en nous secouant,
    Nous tirant du sommeil, nous donnant la lumière.

    Chassignet, de ta vie au service du bien,
    Je suis sûr qu’à la fin tu ne regrettas rien,
    Et qu’on te vit sourire, à ton heure dernière.

  7. Ambidraig
    --------------

    C’est le monstre Ambidraig, il a les pattes molles ;
    En les levant au ciel, il sait s’il va pleuvoir.
    Il gîte dans un antre où nul ne peut le voir,
    Empli de vieux objets que, le soir, il bricole.

    Il ne se permet pas de lectures frivoles,
    Il n’écrit pas non plus, craignant de décevoir
    Ses lecteurs, s’ils étaient en quête de savoir,
    Mais ne dédaigne pas les lieux où l’on picole.

    Parfois, dans la rivière, on le voit s’ébrouant :
    L’eau charge sa moustache, il la va secouant,
    Les gouttes de cristal sautent dans la lumière.

    Ce monstre ne connaît ni le mal, ni le bien,
    Il lit un moraliste, et ça ne lui fait rien :
    Il retourne à l’auberge, et commande une bière.

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Jean-Baptiste CHASSIGNET

Portait de Jean-Baptiste CHASSIGNET

Jean-Baptiste Chassignet (1571-1635) est un poète baroque français. Né à Clairac en Agenais, alors terre d’Empire, Jean-Baptiste CHASSIGNET est le fils d’un médecin. Il reçoit une formation humaniste, étudie le droit à l’université de Dole où il obtient son doctorat, ce qui le mène à une carrière d’avocat... [Lire la suite]

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