Poème 'Sur la mort d’une Dame' de Georges de SCUDÉRY

Sur la mort d’une Dame

Georges de SCUDÉRY

Quoi, les Dieux meurent donc ! Et tant de rares choses
N’ont pu sauver Procris de l’effroi du tombeau !
Sa noirceur éteignant ce lumineux flambeau,
Nous en voyons l’effet, sans en savoir les causes.

Lugubres changements, tristes métamorphoses,
Que nous avait prédit un funeste corbeau ;
Tout l’univers en deuil perd ce qu’il a de beau
Et ces divins attraits ont le destin des roses.

Cette pâle beauté nous afflige et nous plaît ;
Elle enchante les yeux, toute morte qu’elle est,
Et de sa belle cendre, il sort encor des flammes :

Nous en voyons l’éclat, nous en sentons l’effort ;
Et l’on peut voir ensemble, en ce charme des âmes,
Les Parques et l’Amour, les Grâces et la Mort.

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Commentaires

  1. Plumes de sable
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    Mille sombres oiseaux portent le deuil des choses.
    Tous ces plumages noirs sur le blanc des tombeaux,
    De la splendeur du jour ternissant le flambeau,
    Cela semble illustrer une obscure psychose.

    Par moments, l’un d’entre eux fait sa métamorphose :
    Il perd totalement son aspect de corbeau
    Pour devenir un autre, un oiseau pas très beau,
    Aigle-Taureau de sable, avec des pattes roses.

    Il redevient corbeau, juste après, sans effort,
    Reprenant sa faction dans le jardin des morts,
    Son oeil noir animé d’une rieuse flamme.

    Noir corbeau, pourquoi pas ? Tu fais ce qu’il te plaît ;
    Avec ou sans tes jeux, le monde est ce qu’il est,
    Il ne nous convient pas de tourmenter nos âmes.

  2. Ambiveau d’azur
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    Il a deux opinions sur la plupart des choses,
    Que ce soit un trésor, que ce soit un tombeau ;
    Car son intelligence est un double flambeau,
    Mais nous ne savons pas si c’est une psychose.

    Même, en ambicanard il se métamorphose,
    Puis en ambirenard, puis en ambicorbeau ;
    Sous ces aspects divers, il est toujours très beau,
    Surtout l’ambicochon, avec ses pattes roses.

    Or, c’est un sybarite, ennemi de l’effort,
    Un animal paisible et content de son sort,
    Même si ses deux coeurs n’ont qu’une tiède flamme.

    Tel que je l’ai décrit, cet ambiveau me plaît,
    D’ailleurs tout un chacun l’aime pour ce qu’il est ;
    Le curé du village a béni ses deux âmes.

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