Poème 'Pour la même inconstante' de Georges de SCUDÉRY

Pour la même inconstante

Georges de SCUDÉRY

Elle aime, et n’aime plus, et puis elle aime encore,
La volage beauté que je sers constamment :
L’on voit ma fermeté ; l’on voit son changement ;
Et nous aurions besoin, elle et moi, d’ellébore.

Cent fois elle brûla du feu qui me dévore ;
Cent fois elle éteignit ce faible embrasement ;
Et semblable à l’Égypte en mon aveuglement,
C’est un caméléon que mon esprit adore.

Puissant maure des sens, écoute un malheureux ;
Amour, sois alchimiste, et sers-toi de tes feux
À faire que son coeur prenne une autre nature :

Comme ce coeur constant me serait un trésor,
Je ne demande point que tu fasses de l’or,
Travaille seulement à fixer ce mercure.

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Commentaires

  1. Un démon sans visage
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    Celui que l’Univers ne connaît pas encore,
    Du fond de sa retraite, étudie constamment
    L’idée d’un renouveau, l’espoir d’un changement,
    Hardi jusqu’au sommet des cornes qu’il arbore.

    Je ne méprise pas le feu qui le dévore ;
    Il voudrait, pour ce monde, un bel embrasement,
    Autant lui pardonner un peu d’aveuglement
    S’il pense qu’il sera l’Envoyé qu’on adore.

    Logé dans l’inframonde, il n’est pas malheureux,
    Il peut y voir flamber d’autres sortes de feux
    Et, tout au long du jour, rêver à leur nature ;

    Un grand espoir, vraiment, c’est un joli trésor,
    Il ne le lâcherait pour argent, ni pour or :
    Ne décevons donc pas cette humble créature.

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