Poème 'La Nymphe endormie' de Georges de SCUDÉRY

La Nymphe endormie

Georges de SCUDÉRY

Vous faites trop de bruit, Zéphire, taisez-vous,
Pour ne pas éveiller la belle qui repose ;
Ruisseau qui murmurez, évitez les cailloux,
Et si le vent se tait, faites la même chose.

Mon coeur sans respirer, regardons à genoux
Sa bouche de corail, qui n’est qu’à demi close,
Dont l’haleine innocente est un parfum plus doux
Que l’esprit de jasmin, de musc, d’ambre et de rose.

Ah que ces yeux fermés ont encor d’agrément !
Que ce sein demi-nu s’élève doucement !
Que ce bras négligé nous découvre de charmes !

Ô Dieux, elle s’éveille, et l’Amour irrité
Qui dormait auprès d’elle a déjà pris les armes
Pour punir mon audace et ma témérité.

Poème préféré des membres

jpb01 et ATOS ont ajouté ce poème parmi leurs favoris.

Commentaires

  1. Lorsque je continue ma promenade lente,
    Je vois une inconnue qui sourit en dormant,
    Rêvant, sans aucun doute, à son prince charmant,
    Tandis que le métro la transporte, indolente.

  2. Encore un château suspendu
    ------------------------

    Mon château vole en l’air, amis, le saviez-vous ?
    De gueules, ce palais sur le grand ciel repose ;
    Nous l’avons assemblé de singuliers cailloux,
    Tous plus légers que l’air, c’est une étrange chose.

    Il nous est un vaisseau, pour des voyages fous,
    Le vent du Nord franchit sa porte à-demi close
    Et le fait avancer vers des climats plus doux,
    Vers d’immenses jardins où fleurissent les roses.

    Ce palais de plaisir, ce château d’agrément
    Au gré du bel été dérive doucement ;
    Un tel séjour mouvant ne manque pas de charme.

    L’intendant du manoir, plein de témérité,
    Fait passer au seigneur un message irrité :
    « Vous avez oublié d’y installer des armes ! »

Rédiger un commentaire

© 2019 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS