Poème 'Un clairvoyant faucon en volant par rivière…' de Théodore Agrippa d'AUBIGNÉ dans 'L'Hécatombe à Diane'

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Un clairvoyant faucon en volant par rivière…

Théodore Agrippa d'AUBIGNÉ
Recueil : "L'Hécatombe à Diane"

Un clairvoyant faucon en volant par rivière
Planait dedans le ciel, à se fondre apprêté
Sur son gibier blotti. Mais voyant à côté
Une corneille, il quitte une pointe première.

Ainsi de ses attraits une maîtresse fière
S’élevant jusqu’au ciel m’abat sous sa beauté,
Mais son vouloir volage est soudain transporté
En l’amour d’un corbeau pour me laisser arrière.

Ha ! beaux yeux obscurcis qui avez pris le pire,
Plus propres à blesser que discrets à élire,
Je vous crains abattu, ainsi que fait l’oiseau

Qui n’attend que la mort de la serre ennemie
Fors que le changement lui redonne la vie,
Et c’est le changement qui me traîne au tombeau.

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Commentaires

  1. Dupanloup voit une ondine
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    Le père Dupanloup, non loin d'une rivière,
    Faisait une excursion, profitant de l'été.
    Une femme apparut : ça le fit sursauter.
    Or, c'était une ondine, et pour lui, la première.

    Elle se tenait là, ni modeste ni fière,
    Ne dissimulant point son étrange beauté.
    L'évêque se sentit de désir transporté :
    On lisait dans ses yeux sa muette prière.

    Belle, venez vers moi, vous pourriez trouver pire,
    Si vous me recevez, si vous daignez m'élire,
    Jamais n'aurez tenu un si charmant oiseau.

    Monseigneur, ce n'est point que me manque l'envie,
    Ou que du haut clergé je me montre ennemie ;
    Mais j'aime un petit troll, qui est vraiment plus beau.

  2. Colonnes gréco-bouddhiques
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    Entre le monde et rien circule une rivière
    Dont noires sont les eaux, l’hiver comme l’été,
    Abritant des requins, que l’on voit sursauter.
    On dit que du cosmos elle fut la première.

    Elle roule sans fin, ni modeste ni fière :
    Garde-toi d’admirer son étrange beauté,
    Dans l’inframonde obscur tu serais transporté,
    Dont tu serais captif, en dépit des prières.

    Elle peut dévorer les soldats de l’Empire,
    Sans les rendre jamais aux mères qui soupirent,
    Pas plus que les serpents ne rendent les oiseaux.

    Les druides de jadis, (parfois, je les envie),
    Savaient bien conjurer cette folle ennemie,
    Mais ne le peuvent plus, du fond de leur tombeau.

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Théodore Agrippa d'AUBIGNÉ

Portait de Théodore Agrippa d'AUBIGNÉ

Théodore Agrippa d’Aubigné, né le 8 février 1552 au château de Saint-Maury près de Pons, en Saintonge, et mort le 9 mai 1630 à Genève, est un écrivain et poète baroque français protestant. Il fut aussi l’un des favoris d’Henri IV, du moins jusqu’à la conversion de celui-ci. Théodore décide alors de rédiger la plus grande... [Lire la suite]

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