Poème 'Une marée nocturne' de Odilon-Jean PÉRIER dans 'La vertu par le chant'

Une marée nocturne

Odilon-Jean PÉRIER
Recueil : "La vertu par le chant"

Ma chambre garde au coeur une vertu glacée ;
ce soir d’hiver je suis son plus rude ennemi.
Mais je puise une faim de victoire et de cris
dans le silence même où elle est enfoncée.

Sans peur, sans joie, avec une voix mesurée,
mûrie et nourrissante à la façon des fruits,
je dis que mon poème est heureux de la nuit.
Il se forme et il monte avec un bruit d’armée.

Pour ce dieu résonnant d’une excessive faim
je déchaîne dans l’ombre en élevant la main
une très studieuse et très ardente fête ;

c’est bien. J’éteins la lampe et je serre les dents :
ma chambre se soulève. Avec l’aube, les vents
enflent la voile. Et nous partons dans la tempête !

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Commentaires

  1. Nef d'avril
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    Ce lourd vaisseau d'avril parcourt les mers glacées ;
    Les riches passagers sont des hommes bien mis,
    Les frêles matelots vont, comme des fourmis,
    D'un pont à l'autre pont, d'une allure empressée.

    Nul ne sait plus par qui la route fut tracée,
    Le trajet quotidien semble au hasard soumis ;
    Tous ceux qui sont à bord ont dit : « À Dieu remis,
    Jusqu'ici, l'excursion s'est toujours bien passée ».

    Du poisson leur suffit pour apaiser leur faim ;
    Ce ne sont pas des coeurs craignant les lendemains,
    À bien des inconforts, ils savent tenir tête.

    Neptune, semble-t-il, les guette, cependant :
    Il éprouve, à l'avance, un plaisir évident
    À contempler la nef au coeur d'une tempête.

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