Poème 'Ennui de vivre' de Georges RODENBACH dans 'La Jeunesse blanche'

Ennui de vivre

Georges RODENBACH
Recueil : "La Jeunesse blanche"

Quand de pâles amants, l’extase étant finie,
Ont la sensation d’une heureuse agonie
Et qu’éveillés à peine et doucement brisés
Ils sentent un vol blanc d’immatériels baisers,
Si l’aube envahissante à ce moment pénètre,
C’est comme une faux d’or à travers la fenêtre
Coupant les blés du rêves et les fleurs du plaisir !
Et quand le couple triste a pu se ressaisir
Il songe, en entendant le bruit vain de la rue,
Qu’il faudra de nouveau rentrer dans la cohue,
Tandis qu’on est amer, coudoyer des gens gais,
Étreindre un peu de vent dans ses bras fatigués,
Récrire encor son nom sur les pages du livre,
Qu’il faudra de nouveau recommencer à vivre !
Et soudain, comme épris d’un rêve illimité,
Eux qui veulent, vivants, vivre d’éternité,
Les amants délicats que le jour effarouche
Dans un nouveau baiser ont rapproché leur bouche
Pour ne pas revêtir leurs manteaux, lourds d’ennui,
Et, fermant les rideaux, ils refont de la Nuit !

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

Georges RODENBACH

Portait de Georges RODENBACH

Georges Rodenbach (né le 16 juillet 1855 à Tournai et mort le 25 décembre 1898 à Paris) était un poète symboliste et un romancier belge de la fin du XIXe siècle. Issu d’une famille bourgeoise d’origine allemande – son père, fonctionnaire au ministère de l’Intérieur, est vérificateur des poids et mesures ;... [Lire la suite]

© 2014 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto