Poème 'L’orbe d’or' de Charles-Marie LECONTE DE LISLE dans 'Poèmes tragiques'

L’orbe d’or

Charles-Marie LECONTE DE LISLE
Recueil : "Poèmes tragiques"

L’orbe d’or du soleil tombé des cieux sans bornes
S’enfonce avec lenteur dans l’immobile mer,
Et pour suprême adieu baigne d’un rose éclair
Le givre qui pétille à la cime des mornes.

En un mélancolique et languissant soupir,
Le vent des hauts, le long des ravins emplis d’ombres,
Agite doucement les tamariniers sombres
Où les oiseaux siffleurs viennent de s’assoupir.

Parmi les caféiers et les cannes mûries,
Les effluves du sol, comme d’un encensoir,
S’exhalent en mêlant dans le souffle du soir
A l’arome des bois l’odeur des sucreries.

Une étoile jaillit du bleu noir de la nuit,
Toute vive, et palpite en sa blancheur de perle ;
Puis la mer des soleils et des mondes déferle
Et flambe sur les flots que sa gloire éblouit.

Et l’âme, qui contemple, et soi-même s’oublie
Dans la splendide paix du silence divin,
Sans regrets ni désirs, sachant que tout est vain,
En un rêve éternel s’abîme ensevelie.

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Commentaires

  1. Ambisirène
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    La sirène navigue en des courants sans bornes,
    Sans troubler le repos de l'immobile mer,
    Sans craindre le tonnerre ou les puissants éclairs,
    Sans regarder de loin l'éclat des villes mornes.

    Son murmure est si doux qu'il paraît un soupir,
    Sa forme si ténue qu'elle paraît une ombre,
    Mais son coeur est vivant, son coeur n'est jamais sombre,
    Dans la paix de la nuit, je la vois s'assoupir.

    Plus tard, elle sera, sirène bien mûrie,
    Sur cette humide roche où elle aime s'asseoir,
    Et j'entendrai monter, dans le souffle du soir,
    Son chant, réconfortant comme une sucrerie.

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Charles-Marie LECONTE DE LISLE

Portait de Charles-Marie LECONTE DE LISLE

Charles Marie René Leconte de Lisle, né le 22 octobre 1818 à Saint-Paul dans l’Île Bourbon et mort le 17 juillet 1894 à Voisins, était un poète français. Leconte de Lisle passa son enfance à l’île Bourbon et en Bretagne. En 1845, il se fixa à Paris. Après quelques velléités lors des événements de 1848, il renonça... [Lire la suite]

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