Poème 'La jeune Locrienne' de André CHÉNIER dans 'Poésies Antiques'

La jeune Locrienne

André CHÉNIER
Recueil : "Poésies Antiques"

 » Fuis, ne me livre point. Pars avant son retour ;
 » Lève-toi ; pars, adieu ; qu’il n’entre, et que ta vue
 » Ne cause un grand malheur, et je serais perdue !
 » Tiens, regarde, adieu, pars : ne vois-tu pas le jour ?  »

Nous aimions sa naïve et riante folie,
Quand soudain, se levant, un sage d’Italie,
Maigre, pâle, pensif, qui n’avait point parlé,
Pieds nus, la barbe noire, un sectateur zélé
Du muet de Samos qu’admire Métaponte,
Dit :  » Locriens perdus, n’avez-vous pas de honte ?
Des moeurs saintes jadis furent votre trésor ;
Vos vierges, aujourd’hui riches de pourpre et d’or,
Ouvrent leur jeune bouche à des chants adultères.
Hélas ! qu’avez-vous fait des maximes austères
De ce berger sacré que Minerve autrefois
Daignait former en songe à vous donner des lois ?  »
Disant ces mots, il sort… Elle était interdite ;
Son oeil noir s’est mouillé d’une larme subite ;
Nous l’avons consolée, et ses ris ingénus,
Ses chansons, sa gaîté, sont bientôt revenus.
Un jeune Thurien, aussi beau qu’elle est belle
(Son nom m’est inconnu), sortit presque avec elle :
Je crois qu’il la suivit et lui fit oublier
Le grave Pythagore et son grave écolier.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

André CHÉNIER

Portait de André CHÉNIER

André Marie de Chénier, dit André Chénier, né le 30 octobre 1762 à Constantinople et mort guillotiné le 25 juillet 1794 à Paris, est un poète français. Il était le fils de Louis de Chénier. Né à Galata (Constantinople) d’une mère grecque (Elisabeth Lomaca) et d’un père français, Chénier passe quelques années à... [Lire la suite]

© 2016 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto