Poème 'La musique militaire' de Bernard DIMEY dans 'Poèmes voyous'

La musique militaire

Bernard DIMEY
Recueil : "Poèmes voyous"

Je n’connais rien d’plus beau qu’la musique militaire.
Au moins ça, c’est viril, c’est bon pour nos p’tits gars !
Quand sonnent les tambours, tout l’monde est solidaire,
Le rythme vous entraîne, on y va d’un seul pas !
Le regard fier et droit, vers l’enn’mi qui recule,
Ayant déjà compris qu’il n’avait plus d’espoir.
Vaincre s’écrit pour nous en lettres majuscules,
C’est avec des clairons que l’on écrit l’histoire !
Fallait nous voir, nous autres, au quatre-vingt-treizième,
On en voulait, j’vous jure, oh sacré nom de nom !
On avait beau suer d’peur, on avançait quand même,
Musique en tête, hardi ! Baïonnette au canon…
Mais les jeun’s d’aujourd’hui, ça joue les anarchistes,
Ça prétend réfléchir, la guerre ne leur dit rien,
Malheureux galopins, c’est tout d’même un peu triste,
Vous irez comm’ les autres, au baroud, j’espèr’ bien !
La musiqu’ militaire, c’est comme un bain d’jouvence,
Ça nous rappelle à tous quels gaillards nous étions !
On leur en a fait voir ! Tous les enn’mis d’la France
Devant nous, dans mon temps, ça baissait pavillon !
Y a pas d’raison qu’ce soit toujours les mêm’ qui paient
Pour sauver la Patrie et l’honneur du drapeau,
On s’est battu pour eux, ils nous doiv’nt la pareille.
C’est l’devoir du soldat d’aller risquer sa peau.
La musiqu’ militaire, y a qu’ça qui fait des hommes
Et pas des p’tits voyous, du gibier d’boît’ de nuit !
S’ils avaient fait comm’ moi la bataill’ de la Somme,
Ils auraient sûr’ment l’droit d’en êt’ fiers aujourd’hui.
Ah ! Si on écoutait les conseils des vieill’ classes
On leur battrait l’rappel, on les f’rait foutre au rang
Et voir en première ligne un peu comment ça s’passe !
Et dev’nir, s’il le faut, l’orgueil de leurs parents !

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Commentaires

  1. Souvenirs de régiment
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    J'avais bien l'air d'un clown, en tenue militaire.
    Sur tous ces vieux portraits, je vois un pauvre gars
    Dont l'uniforme n'est que dépouille précaire :
    Oui, je fus un soldat, mais pas un bon soldat.

    Promenant mes galons dans les cours des casernes,
    J'ai servi de bouffon pour de vieilles badernes ;
    D'autres fois, je m'ornais d'un déguisement noir
    Que, certes, mes parents trouvaient plaisant à voir ;
    Aux champs, je revêtais la parure guerrière
    Pour aller m'embusquer au fond d'une clairière.

    Si j'avais conservé ce funeste attirail,
    J'en ferais, au jardin, quelques épouvantails.

  2. Tu paraissais si doux, en tenue militaire
    Ce regard aimanté que kiffait Miranda
    L'uniforme n'était qu'une feinte précaire
    Oui tu fus 1 soldat son merveilleux soldat

    Promenant tes galons dans les cours des casernes
    Tu te payais 1 tour pour boire à la taverne
    D'autres fois déguisé avec ton vêtement noir
    Oh comme Miranda en pinçait pour te voir ;
    Aux champs, tu revêtais ta parure guerrière
    Pour aller l'embrasser derrière la clairière.

    Quelque part au grenier dort tout cet attirail
    La p'tite Laure a gardé son vieil épouvantail __

  3. Après quarante années
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    Ai-je la nostalgie de ce temps militaire ?
    J'étais privilégié, j'étais adolescent,
    Nous apprenions parfois des trucs intéressants
    Et notre quotidien n'était pas trop austère.

    Mais je n'ai point regret de ces jours sans travail,
    À ne pas plus bouger qu'un jeune épouvantail;

  4. Soldat perdu
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    C’est un trop paisible troupier
    Qui dit que la vie est cruelle,
    C’est presque un soldat de papier
    Dont l’angoisse est perpétuelle

    Deux mille bornes dans les pieds,
    Les repas pris à la truelle,
    Il ne sait plus trop son métier,
    Se traînant au long des ruelles.

    La peur du combat le hérisse ;
    Il craint les coups tumultueux
    Et les ennemis tortueux.

    La grande Histoire toujours glisse
    Sur ses équipements anciens,
    En plus, il fait un temps de chien.

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