Poème 'La tête étoilée – Un oiseau chante' de Guillaume APOLLINAIRE dans 'Calligrammes'

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La tête étoilée – Un oiseau chante

Guillaume APOLLINAIRE
Recueil : "Calligrammes"

Un oiseau chante ne sais où
C’est je crois ton âme qui veille
Parmi tous les soldats d’un sou
Et l’oiseau charme mon oreille

Écoute il chante tendrement
Je ne sais pas sur quelle branche
Et partout il va me charmant
Nuit et jour semaine et dimanche

Mais que dire de cet oiseau
Que dire des métamorphoses
De l’âme en chant dans l’arbrisseau
Du coeur en ciel du ciel en roses

L’oiseau des soldats c’est l’amour
Et mon amour c’est une fille
La rose est moins parfaite et pour
Moi seul l’oiseau bleu s’égosille

Oiseau bleu comme le coeur bleu
De mon amour au coeur céleste
Ton chant si doux répète-le
À la mitrailleuse funeste

Qui chaque à l’horizon et puis
Sont-ce les astres que l’on sème
Ainsi vont les jours et les nuits
Amour bleu comme est le coeur même

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francois708 a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. Oiseau préhistorique
    --------------

    C’est un oiseau parlant qui vient du fond des âges,
    Se plongeant chaque jour dans la littérature ;
    Je lui donne des toasts et de la confiture,
    Je le vois grignoter, tout en tournant les pages.

    Il est plein du désir d’en savoir davantage,
    Cette accumulation nourrit son écriture ;
    Mais je ne sais s’il prend des notes de lecture,
    S’il ne le faisait point, ce serait bien dommage.

    Il aime déformer les poèmes d’autrui :
    Croit-il que certains d’eux furent écrits pour lui ?
    Cet oiseau prend Ronsard et Du Bellay pour maîtres.

    Il consulte parfois des auteurs étrangers,
    Puisque de nourriture il aime bien changer,
    C’est un drôle d’oiseau, lui, c’est un drôle d’être.

  2. En réponse au sonnet de Cochonfusius

    Le chemin de son être

    Je ne sais où j’étais et quel était mon âge,
    Lorsque j’ai pu goûter à la littérature
    Pour la première fois, et pour la confiture,
    Je n’en sais pas non plus, il est vrai, davantage.

    Mais nous nous égarons, revenons à nos pages,
    C’est autrui, à coup sûr, qui me fit la lecture
    De l’ouvrage initial, car pour moi l’écriture
    Était du charabia, même aidé des images.

    J’avais peut-être un an et sans doute qu' »autrui »
    Était ma chère mère, hélas morte, aujourd’hui
    (Elle a lu pour les mômes, avant de disparaître).

    Ça n’est que bien plus tard que j’ai lu «l’Étranger»,
    Un des livres qui m’a, et qui me fait changer,
    Car il n’en finit pas, le chemin de son son être.

  3. Le chemin de son être (En réponse à Cochonfucius)

    Je ne sais où j’étais et quel était mon âge,
    Lorsque j’ai pu goûter à la littérature
    Pour la première fois, et pour la confiture,
    Je n’en sais pas non plus, il est vrai, davantage.

    Mais nous nous égarons, revenons à nos pages,
    C’est autrui, à coup sûr, qui me fit la lecture
    De l’ouvrage initial, car pour moi l’écriture
    Était du charabia, même aidé des images.

    J’avais peut-être un an et sans doute qu' »autrui »
    Était ma chère mère, hélas morte, aujourd’hui
    (Elle a lu pour les mômes, avant de disparaître).

    Ça n’est que bien plus tard que j’ai lu «l’Étranger»,
    Un des livres qui m’a, et qui me fait changer,
    Car il n’en finit pas, le chemin de son son être.

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