Poème 'Le Loup, la Mère et l’Enfant' de Jean de LA FONTAINE dans 'Les Fables'

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Le Loup, la Mère et l’Enfant

Jean de LA FONTAINE
Recueil : "Les Fables"

La Bique allant remplir sa traînante mamelle
Et paître l’herbe nouvelle,
Ferma sa porte au loquet,
Non sans dire à son Biquet :
Gardez-vous sur votre vie
D’ouvrir que l’on ne vous die,
Pour enseigne et mot du guet :
Foin du Loup et de sa race !
Comme elle disait ces mots,
Le Loup de fortune passe ;
Il les recueille à propos,
Et les garde en sa mémoire.
La Bique, comme on peut croire,
N’avait pas vu le glouton.
Dès qu’il la voit partie, il contrefait son ton,
Et d’une voix papelarde
Il demande qu’on ouvre, en disant Foin du Loup,
Et croyant entrer tout d’un coup.
Le Biquet soupçonneux par la fente regarde.
Montrez-moi patte blanche, ou je n’ouvrirai point,
S’écria-t-il d’abord. (Patte blanche est un point
Chez les Loups, comme on sait, rarement en usage.)
Celui-ci, fort surpris d’entendre ce langage,
Comme il était venu s’en retourna chez soi.
Où serait le Biquet s’il eût ajouté foi
Au mot du guet, que de fortune
Notre Loup avait entendu ?
Deux sûretés valent mieux qu’une,
Et le trop en cela ne fut jamais perdu.

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Commentaires

  1. (Hommage aux frères Grimm)
    *
    *
    Il y avait une vieille dame empiriste qui élevait sept empiristiaux dans une guitare. Mais un matin elle dut s'éloigner de la guitare pour aller jusqu'au volcan afin de puiser de la lave. Elle dit : «Mes petits, je dois m'absenter. Surtout n'ouvrez jamais la porte de la guitare, si le cartésien vient vous voir. Il a une grosse voix et des pattes noires, c'est ainsi que vous le reconnaîtrez.»
    *
    Les empiristiaux comprennent la consigne. Ils ferment bien la porte. Et peu de temps après, on frappe. «Mes petits, je suis de retour, ouvrez vite.» Ils reconnaissent la grosse voix du cartésien et n'ouvrent pas.
    *
    Alors le cartésien s'en va chez le conceptualiste et se fait adoucir la voix. Il retourne parler aux empiristiaux, qui voient sa patte noire, et le renvoient à nouveau.
    *
    Alors le cartésien s'en va chez le nominaliste et se fait blanchir la patte. Il retourne parler aux empiristiaux, montrant sa patte blanche.
    *
    Alors, ils ouvrent. Le cartésien se précipite sur eux. Les empiristiaux se cachent

    * dans une anacoluthe ;
    * sous une prolepse ;
    * au milieu d'une antimétabole ;
    * dans une diérèse ;
    * sous une cataphore ;
    * parmi des antistrophes ;
    * dans une construction métonymique.
    *
    Le cartésien les trouve tous, et en fait son repas, sauf celui qui était dans la construction métonymique. Puis il s'en va dormir sous une référence culturelle.
    *
    La vieille dame empiriste revient et trouve la guitare en désordre, les structures internes renversées, et les empiristiaux disparus. Seul celui qui était dans la construction métonymique prit la parole et lui expliqua ce qui était survenu en son absence.
    *
    En sortant de la guitare, ils voient le cartésien qui ronfle à en faire trembler la référence culturelle. La vieille empiriste se demande si, à l'intérieur du cartésien, les empiristiaux pourraient être vivants.
    *
    Elle envoie son enfant chercher un paragraphe, une justification et un calibrage. Avec le paragraphe, elle découpe une ouverture dans le ventre du cartésien, sans le réveiller, et les six empiristiaux en surgissent, sains et saufs.
    *
    Alors, ils vont chercher des épanadiploses bien lourdes, qu'ils posent dans le ventre du cartésien, avant de le refermer avec la justification et le calibrage, toujours sans le réveiller.
    *
    Quand il eut assez dormi, il se mit en route pour aller boire. Les épanadiploses dans son estomac s'entrechoquaient à chaque pas. Il s'écria :
    *
    Quels sont ces bruits épouvantables
    Dans mon estomac misérable ?
    Ces six petits empiristiaux
    Sont plus lourds que des enclumiaux.
    *
    En se penchant pour boire, il se plouffa pour de bon, et demeura au fond. Alors la vieille dame empiriste et les empiristiaux s'exclamèrent un bon nombre de fois : « Le cartésien est plouffé ! Le cartésien est plouffé ! Le cartésien est plouffé ! » et si cela se trouve, ils sont encore en train de le dire.

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Jean de LA FONTAINE

Portait de Jean de LA FONTAINE

Jean de La Fontaine, né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry, est un poète français de la période classique dont l’histoire littéraire retient essentiellement « les Fables » et dans une moindre mesure les contes licencieux. On lui doit cependant des poèmes divers, des pièces de théâtre et des livrets... [Lire la suite]

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