Poème 'Tout ce qu’on voit est d’or' de Robert DESNOS dans 'La Liberté ou l'Amour'

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Tout ce qu’on voit est d’or

Robert DESNOS
Recueil : "La Liberté ou l'Amour"

Corsaire Sanglot revêt son costume bien connu des rues bruyantes et des trottoirs de bitume. La vie peut continuer s’il lui plaît dans Paris et dans le monde, une voix caressante lui a indiqué son chemin. Celui-ci le conduit aux Tuileries où il rencontre Louise Lame. Il est de ces coïncidences qui, sans émouvoir les paysages, ont cependant plus d’importance que les digues et les phares, que la paix des frontières et le calme de la nature dans les solitudes désertiques à l’heure où passent les explorateurs. Il importe peu de savoir quels furent les préambules de la conversation du héros avec l’héroïne. Il leur fallait des fauves en amour, de taille a résister à leurs crocs et à leurs griffes. Les gardiens des Tuileries virent ce couple extraordinaire parler avec animation puis s’éloigner par la rue du Mont-Thabor. Une chambre d’hôtel leur donna asile. C’était le lieu poétique où le pot à eau prend l’importance d’un récif au bord d’une côte échevelée, où l’ampoule électrique est plus sinistre que trois sapins au milieu de champs vert émeraude un dimanche après-midi, où la glace mobilise des personnages menaçants et autonomes. Mobiliers des chambres d’hôtel méconnus par les copistes surannés, mobiliers évoquateurs de crime ! Jack l’éventreur avait en présence de celui-ci exécuté l’un de ces magnifiques forfaits grâce auxquels l’amour rappelle de temps à autre aux humains qu’il n’est pas du domaine de la plaisanterie. Mobilier magnifique. Le pot à eau blanc, la cuvette et la table de toilette se souvenaient en silence du liquide rouge qui les avaient rendus respectables. Des journalistes avaient publié la photographie de ces accessoires modestes promus au rôle de paysages dont je parlais tout à l’heure. Il leur avait fallu figurer à la Cour d’assises parmi les pièces à conviction. Singulier tribunal ! Jack l’éventreur n’avait jamais pu être atteint et le box des accusés était vide. Les juges avaient été nommés parmi les plus vieux aveugles de Paris. La tribune des journalistes regorgeait de monde. Et le public au fond, maintenu par une haie de gardes municipaux, était un ramassis de bourgeois pansus. Sur tous ces gens silencieux planait un vol de mouches bourdonnantes. Le procès dura huit jours et huit nuits et, à l’issue, quand un verdict de miracle eut été prononcé contre l’assassin inconnu, le pot à eau, la cuvette et la table de toilette avec le petit plat à savon où subsistait encore une savonnette rose regagnèrent la chambre marquée par le passage d’un être surnaturel.

Louise Lame et Corsaire Sanglot considérèrent avec respect, eux qui n’avaient que peu de choses à respecter en raison de leur valeur morale, ces reliefs d’une aventure qui aurait pu être la leur. Puis, après une lutte de regards, ils se déshabillèrent. Quand ils furent nus, Corsaire Sanglot s’allongea en travers sur le lit, de façon que ses pieds touchassent encore le sol, et Louise Lame s’agenouilla devant lui.

Baiser magistral des bouches ennemies. La reproduction est le propre de l’espèce, mais l’amour est le propre de l’individu. Je vous salue bien bas baisers de la chair. Moi aussi j’ai plongé ma tête dans les ténèbres des cuisses. Louise Lame étreignait étroitement son bel amant. Son œil guettait sur le visage l’effet de la conjonction de sa langue avec la chair. C’est là un rite mystérieux, le plus beau peut-être. Quand la respiration de Corsaire Sanglot se fit haletante, Louise Lame devint plus resplendissante que le mâle.

Le regard de celui-ci errait dans la pièce. Il s’arrêta enfin sur un éphéméride. Celui-ci avait été oublié par un comptable narquois partagé entre le désir d’oublier et celui de mesurer le temps machinalement et sans penser à la stupidité que sous-entend une pareille prétention.

D’ailleurs, le Corsaire Sanglot connaissait bien la date où était arrêté ce calendrier. Tous les ans il était amené à lire le même fait divers vieux d’un demi-siècle et cependant évocateur de la même fièvre C’était même le seul jour où il ait jamais lu la feuille de papier mince et tous les ans, fatalement, il était amené a le faire.

Et la pensée de Corsaire Sanglot suivait une piste au cœur d’une forêt vierge.

Il arriva dans une ville de chercheurs d’or. Dans un bal dansait une Espagnole vêtue de façon excitante. Il la suivit dans une chambre soupentée où l’écho des querelles et de l’orchestre arrivait assourdi. Il la déshabilla lui-même, mettant à détacher chaque vêtement une lenteur sage et fertile en émotion. Le lit fut alors le lieu d’un combat sauvage, il la mordit, elle se débattit, cria et l’amant de la danseuse, un redoutable sang-mêlé, heurta à la porte.

Ce fut alors un siège sans merci. Des balles de revolver trouèrent les cloisons de chêne, étoilèrent les glaces où l’étain feuillolait en silence depuis de longues années à refléter des amours fatales. Séduite par son courage, l’Espagnole fusillait par la fenêtre une foule de cavaliers patibulaires et de policiers improvisés. Ils s’évadèrent enfin par les toits. Des cris de colère emplissaient la ville, on liait en hâte les lassos mais, parvenus au Patio central, les poursuivants constatèrent l’absence de deux juments jumelles, noires et si rapides que les rattraper était impossible. Laissant à leur destin les fugitifs, les hommes se répandirent dans les cabarets.

Hors de danger, à plusieurs milles de la ville, Corsaire Sanglot et l’Espagnole s’arrêtèrent. Leur amour n’existait plus qu’en rêve. Ils s’éloignèrent dans des directions opposées. Forêts traversées à coups de couteau, étendues de lianes et de grands arbres, prairies, steppes neigeuses, lutte contre des Indiens, traîneaux volés, daims abattus, vous n’avez pas vu passer l’invisible corsaire. Dans la rue de Rivoli, il avisa une maison en flammes. Des casques de pompiers mûrissaient aux balcons et aux fenêtres. Corsaire Sanglot s’engouffra dans le corridor et l’escalier crépitant. Au troisième étage une femme s’apprêtait à mourir. L’enlacer et paraître à la fenêtre fut un éclair. Ils se précipitèrent dans le vide où une couverture les reçut tandis que, blessé au passage par une corniche, Corsaire Sanglot s’évanouissait. Le lendemain matin, le soleil rayonnait sur l’hôpital où il reposait dans un lit. La femme sauvée lui faisait boire de la citronnade. Il éprouva une satisfaction sensuelle à sa présence près de lui, à sentir sur sa chair le passage de ses mains, jusqu’à ce que la porte du pensionnat anglais se fût ouverte. C’était l’heure du lever, trente petites filles et dix autres un peu plus âgées se hâtaient. L’éponge du tub ruisselait sur leurs épaules saines et leur peau délicate. Il s’attarda à contempler leurs fesses presque garçonnières. Leur sexe était encore trop imberbe mais leurs seins étaient de charmantes merveilles non déformées encore par…

–Dis-moi que tu m’aimes ! râla Louise Lame éperdue.

–Saloperie, râle le héros. Je t’aime, ah ! ah ! vieille ordure, loufoque, sacré nom de plusieurs cochonneries.

Puis se relevant :

–Quel poème peut t’émouvoir davantage ?

Anéantie, Louise Lame passa du rêve au rêve. Elle se refusa longuement à l’étreinte osseuse de son compagnon. Mais leur rencontre était phénoménale. La rancune montait en leur âme. Ah ! ce n’était pas l’amour, seule raison valable d’un esclavage passager, mais l’aventure avec tous ses obstacles de chair et l’odieuse hostilité de la matière.

Amour magnifique, pourquoi faut-il que mon langage, à t’évoquer, devienne emphatique. Corsaire Sanglot l’avait prise par la taille et jetée sur le lit. Il la frappait. La croupe sonore avait été cinglée par le plat de la main et les muscles seraient bleus le lendemain. Il l’étranglait presque. Les cuisses étaient brutalement écartées.

Ce n’était pas vrai.

Corsaire Sanglot devant la glace remettait en ordre sa toilette. L’eau sympathique ruisselait sur son torse et la savonnette rose était le centre de la pièce. Louise Lame éduquée par les cartes postales en couleur y voyait l’image de son sexe martyrisé par l’indifférence. La mousse, le masque et les mains furent des mains de fantômes. Enfin l’aventurier fut prêt à partir. Louise se plaça devant la porte.

–Non, tu ne partiras pas, non tu ne partiras pas.

Il l’écarta de la main et tandis qu’elle s’écroulait sanglotante et décoiffée, le pas décrut dans l’escalier, comme une gamme à rebours sur le piano d’une débutante: une petite fille à cheveux nattés, aux doigts rouges encore des coups de règle de la maîtresse.

Dans le couloir, ce fut le piétinement du garçon d’hôtel relevant pour les cirer, paire par paire, les chaussures à talons Louis XV. Quel Père Noël attendu depuis des siècles déposera l’amour dans ces chaussures, objet d’un rite journalier et nocturne de la part de leur propriétaire, en dépit de la désillusion du réveil ? Quel sinistre démon se borne à les rendre plus brillantes qu’un miroir à dessein de refléter, transformées en négresses, les stationnantes et sensibles femmes à passion. Qu’elles remettent leurs pieds blancs dans ces fins brodequins à torture morale ! Leur chemin sera toujours parsemé des tessons de bouteille à philtre du rêve interrompu, des cailloux pointus de l’ennui. Pieds blancs marchant dans des directions différentes, les engelures du doute vous meurtriront en dépit des prophéties onéreuses de la cartomancienne du faubourg. Il faut aller d’abord à Nazareth avant de célébrer par une coutume curieuse l’anniversaire d’une naissance divine. Mais l’étoile ?

L’étoile c’est peut-être bien ce savon rose que Corsaire Sanglot tient dans sa main mousseuse. Elle le guide mieux que la baguette du sourcier, la piste du trappeur et les écriteaux Michelin. Les humbles et magnifiques créatures de la poésie moderne se mettent en marche à travers les rues.

Et ce sont des groupes de trois ripolineurs portant au dieu futur des radiateurs rouges, ou, du haut du ciel, répandant sur le monde entier la blancheur d une aube artificielle; et ce sont de longues théories de garçons de café, les uns rouges, les autres blancs, placés sous l’invocation de l’archange saint Raphaël, accomplissant le miracle de l’équilibre pour verser à une heure indéterminée le cordial qui vivifiera le nouveau rédempteur.

Du haut des immeubles, Bébé Cadum les regarde passer. La nuit de son incarnation approche où, ruisselant de neige et de lumière, il signifiera a ses premiers fidèles que le temps est venu de saluer le tranquille prodige des lavandières qui bleuissent l’eau des rivières et celui d’un dieu visible sous les espèces de la mousse de savon, modelant le corps d’une femme admirable, debout dans sa baignoire, et reine et déesse des glaciers de la passion rayonnant d’un soleil torride, mille fois réfléchi, et propices à la mort par insolation. Ah ! si je meurs, moi, nouveau Baptiste, qu’on me fasse un linceul de mousse savonneuse évocatrice de l’amour et par la consistance et par l’odeur.

Corsaire Sanglot, son guide dans la main, suivit des convois funèbres qu’il abandonna à point nommé pour emprunter d’autres voies. Calmes rues déserta plantées de réverbères, boulevards chargés de viaducs du métro, vous le vîtes passer aussi, lui, le premier mage.

C’est dans l’île des Cygnes, sous le pont de Passy, que le Bébé Cadum attendait ses visiteurs. Ils se conduisirent en parfaites gens du monde et la tour Eiffel présida au conciliabule. L’eau coulait.

Les poissons sortirent de la rivière, eux, voués depuis des temps et des tempêtes au culte des choses divines et à la symbolique céleste. Pour les mêmes raisons, les palmiers du Jardin d’Acclimatation désertèrent les allées parcourues par l’éléphant pacifique du sommeil enfantin. Il en fut de même pour ceux qui, emprisonnés dans des pots de terre, illustrent le salon des vieilles demoiselles et le péristyle des tripots. Les malheureuses filles entendirent le long craquement des poteries désertées et le rampement des racines sur le parquet ciré, des cercleux regagnant lentement a l’aube leur maison après une nuit de baccarat où les chiffres s’étaient succédé dans le bagne traditionnel, oublièrent leur gain ou leur perte et les suivirent. Eux aussi furent parmi les premiers fidèles. Sur ces fronts douloureux, sur ces yeux brûlés par la fièvre, sur ces oreilles tintant encore du dernier banco, sur ces cerveaux hantés par l’absolu, par l’improbable et les nombres fatidiques, il étendit sa suzeraineté. L’air était plein du bruit des fenêtres qu’on ferme et dont les espagnolettes pleurent. Bébé Cadum naquit sans le secours de ses parents, spontanément.

À l’horizon, un géant brumeux s’étirait et bâillait. Bibendum Michelin s’apprêtait à une lutte terrible et dont l’auteur de ces lignes sera l’historien.

À l’age de vingt et un ans, Bébé Cadum fut de taille à lutter avec Bibendum. Cela commença un matin de juin. Un agent de police qui se promenait bêtement avenue des Champs-Elysées entendit tout à coup de grandes clameurs dans le ciel. Celui-ci s’obscurcit et, avec tonnerre, éclairs et vent, une pluie savonneuse s’abattit sur la ville. En un instant le paysage fut féerique. Les toits recouverts d’une mousse légère que le vent enlevait par flocons s’irisèrent aux rayons du soleil reparu. Une multitude d’arcs-en-ciel rugirent, légers, pâles et semblables à l’auréole des jeunes poitrinaires, au temps qu’elles faisaient partie de l’accessoire poétique. Les passants marchaient dans une neige odorante qui montait jusqu’à leurs genoux. Certains entamèrent des combats de bulles de savon que le vent emportait avec un grand nombre de fenêtres reflétées sur les parois translucides.

Puis une folie charmante s’installa dans la ville. Les habitants se dévêtirent et coururent a travers les rues en se roulant sur le tapis savonneux. La Seine charriait des nappes grumeleuses qui s’arrêtaient aux piles des ponts et se dissolvaient en firmaments.

Les conditions de la vie furent changées quant aux relations matérielles, mais l’amour fut toujours de même le privilège de peu de gens, disposés à courir toutes les aventures et à risquer le peu de vie consentie aux mortels dans l’espoir de rencontrer enfin l’adversaire avec lequel on marche côte a côte, toujours sur la défensive et pourtant à l’abandon.

Cependant, la lutte entre Bibendum et Bébé Cadum ne fut pas le seul épisode de la bataille où l’archange moderne perdit sa mousse comme des plumes.

Bibendum rentrant en son repaire où il se proposait de rédiger la fameuse proclamation connue depuis sous le nom de Pater du faux messieCite error: Invalid <ref> tag; refs with no name must have content1, s’enduisit, malgré ses précautions, de mousse de savon. Arrivé, il dicta immédiatement le Pater et, ressortant, glissa sur le macadam, tomba et mourut en donnant naissance à une armée de pneus. Ceux-ci devaient continuer la lutte.

La rencontre eut lieu dans une plaine désertique. Bébé Cadum ne vit pas venir l’effarante troupe des pneus qui, rebondissant ou se déformant, roulaient, rapides, sur les routes à l’effroi des vélocipédistes et des chauffeurs d’automobiles qui, muets de stupéfaction, se demandaient quel nouveau miracle douait ces cercles élastiques d’une agilité autonome.

La rencontre eut lieu dans une plaine désertique au déclin commençant du soleil de cinq heures du soir. Bébé Cadum rieur se détachait sur le ciel bleu ardent et sur le sol rougeâtre. Les pneus s’enroulèrent autour de lui comme un reptile et l’immobilisèrent. Prisonnier, Bébé Cadum n’abandonna pas son sourire et se laissa, malgré sa force, jeter dans un cachot. Bébé Cadum, ou plutôt le Cristi, puisqu’il faut, à notre époque, l’appeler par son nom, avait trente- trois ans. La barbe eût donne à son visage un aspect sinistre sans le sourire enfantin que dessinaient ses lèvres. Mais pas d’histoires anciennes:
LE GOLGOTHA

Sur le fond vert olive du ciel, la croix se détache, au haut de la colline. Pleurez, les vierges et les apôtres dans la grande plaine animée par le tournoi des moulins à vent, par la course des autos rouges et blanches sur les routes gris d’argent, par la musique des manèges de chevaux de bois, par les détonations sèches des tirs forains, par le roulement métallique des loteries. L’oscillation à peine perceptible des mâts de cocagne imprime une vibration grisante au paysage où le pylône blanc du toboggan et l’apparition mathématique du steam-swing figurent irrésistiblement l’idée du temps qui passe comme un navire de guerre majestueux et lent sur une mer bleu foncé ridée de rares crêtes blanches et de sillages filigranes, sous un ciel bleu clair, avec, pour fond, une plage encombrée de femmes magnifiques, en toilettes claires, de marins muets qui agitent les bras, d’aventuriers en pantalon blanc hantés par l’idée du prochain paquebot qui les emportera vers les casinos d’Amérique du Sud et des amours plus fatales, tandis que, à peu de distance du bord, trois admirables nageuses en maillot rouge se livrent sans contrainte au caprice des vagues douées et sont pour le jeune poète accroupi sur un rocher le point de départ d’un drame aventureux où la tempête et les passions humaines concourent à le heurter à de magiques amoureuses.

Voici, dans une clairière du bois, qu’on passe en revue une compagnie de sapeurs-pompiers. Voici dans le ciel un avion: il s’en va au Maroc ou en Russie; très loin, a l’horizon, décelé par la fumée blanche et par le bruit étrangement proche des roues sur les rails et les essieux, voici un train qui rapidement se dirige vers quelque port. Dans le jardinet qui entoure sa maison, un méditatif jardinier arrose des fleurs. De la fenêtre d’une école s’échappent des voix d’enfants: Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés. À la fenêtre d’une maison claque un rideau derrière lequel deux amoureux s’enlacent sur un lit banal avec des bras de noyés. Deux hommes se sont assis dans l’herbe et boivent au goulot de la bouteille un vin rouge et généreux. Trois bœufs dans un pré. Le coq de l’église. Un avion. Des coquelicots.

Le Cristi est enfin digne de son nom, il est crucifié sur une croix en cœur de chêne décorée de drapeaux tricolores comme une estrade de 14 juillet. Au pied une dizaine de musiciens, sur des instruments de cuivre, jouent des airs rondouillards. Des couples dansent.

Sur deux petites croix décorées, elles aussi, de drapeaux, les larrons agonisent.

Le curé sort de l’église et rentre au presbytère. L’infâme.

Le soir tombe.

Le ciel s’ouvre violemment sur la lumière des affiches lumineuses.

Le Cristi agonise en mesure, suivant la cadence de l’orchestre.

Les drapeaux de la croix flottent joyeusement.

Les réverbères s’allument.

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Robert DESNOS

Portait de Robert DESNOS

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie. Autodidacte et rêvant de poésie, Robert Desnos est introduit vers 1920 dans les milieux littéraires modernistes et... [Lire la suite]

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