Poème 'Les Orgues' de Georges RODENBACH dans 'La Jeunesse blanche'

Les Orgues

Georges RODENBACH
Recueil : "La Jeunesse blanche"

Quand le soir descendait, le soir attendrissant,
Des amants chuchoteurs allaient le long des berges ;
Des bruits d’orgues venaient des lointaines auberges
Et la Lune attristait comme un portrait d’absent.

Or, ces orgues pleurant parmi les vapeurs bleues
Du brouillard qui semblait l’haleine de la nuit,
Ces orgues dont l’espace alanguissait le bruit,
C’était la voix dolente et l’âme des banlieues.

L’âme des quartiers morts et des pauvres enclos,
L’âme éparse du peuple au fond des terrains vagues,
Du peuple tristement joyeux, pareil aux vagues
Dont l’écume chantante est pleine de sanglots.

L’âme des vagabonds, des forains sans asile
Et des vieux chiens perdus par les chemins lépreux,
Où des flaques d’eau morte ont un air douloureux
Comme des yeux crevés d’où le soleil s’exile !

Oh ! ces orgues, le soir, par les lointains faubourgs,
Rythmes plaintifs cognant aux vitres des lanternes,
Et venant consoler, près des mornes casernes,
L’âme des déserteurs pleurant dans les tambours.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

Georges RODENBACH

Portait de Georges RODENBACH

Georges Rodenbach (né le 16 juillet 1855 à Tournai et mort le 25 décembre 1898 à Paris) était un poète symboliste et un romancier belge de la fin du XIXe siècle. Issu d’une famille bourgeoise d’origine allemande – son père, fonctionnaire au ministère de l’Intérieur, est vérificateur des poids et mesures ;... [Lire la suite]

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto