Poème 'Printemps de guerre' de Charles VILDRAC dans 'Chants du désespéré'

Printemps de guerre

Charles VILDRAC
Recueil : "Chants du désespéré"

J’étais boueux et las
Et le soir dans les bois
M’étreignait la poitrine.

Je m’étais étendu
Sur un sombre tapis
D’herbes froides et lisses.

Un papillon d’argent
Errait dans l’air inerte
Avant d’aller mourir.

Des troncs d’arbres gisaient
Sciés depuis l’hiver ;
Mais il surgissait d’eux
Des pousses condamnées,

De tendres pousses vertes
Qui regardaient le ciel
Et croyaient au bonheur.

Pour le coeur, nul repos
Pour l’âme, nul sourire
Que celui de la mort !

Je me suis relevé.
J’ai regardé, stupide.
L’herbe longue brisée par le poids de mon corps.

Je me suis mis en marche.

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Charles VILDRAC

Portait de Charles VILDRAC

Charles Vildrac, né Charles Messager le 22 novembre 1882 dans le 5e arrondissement de Paris et mort le 25 juin 1971 à Saint-Tropez, est un poète et dramaturge français. Il fonda avec Georges Duhamel le groupe de l’Abbaye, une expérience communautaire en bord de Marne ouverte aux artistes (1906-1908). Charles Vildrac naît au... [Lire la suite]

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