Poème 'Que de fois, près d’Oxford…' de Charles-Augustin SAINTE-BEUVE dans 'Vie, Poésies et Pensées de Joseph Delorme'

Que de fois, près d’Oxford…

Charles-Augustin SAINTE-BEUVE
Recueil : "Vie, Poésies et Pensées de Joseph Delorme"

Pour un ami.

Que de fois, près d’Oxford, en ce vallon charmant,
Où l’on voit fuir sans fin des collines boisées,
Des bruyères couper des plaines arrosées,
La rivière qui passe et le vivier dormant,

Pauvre étranger d’hier, venu pour un moment,
J’ai reconnu, parmi les maisons ardoisées,
Le riant presbytère et ses vertes croisées,
Et j’ai dit en mon cœur : Vivre ici seulement !

Hélas ! si c’est là tout, qu’est-ce donc qui m’entraîne ?
Pourquoi si loin courir ? pourquoi pas la Touraine ;
Le pays de Rouen et ses pommiers fleuris ?

Un chaume du Jura, sous un large feuillage,
Ou bien, encor plus près, quelque petit village,
D’où, par delà Meudon, l’on ne voit plus Paris ?

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Commentaires

  1. La Chimère et le Cerf
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    De chimère et de cerf un entretien charmant
    Eut lieu l'autre semaine, en la friche boisée.
    Cette conversation fut, d'ailleurs, arrosée
    D'un petit vin de Loire, aux arômes gourmands.

    Que ne donnerait-on pour de si bons moments !
    Nul besoin, pour cela, de l'auberge ardoisée
    Ni de la vaste salle aux immenses croisées,
    Mais un peu de soleil et d'ombre, seulement.

    Vers ces lieux verdissants, la nostalgie m'entraîne,
    Ainsi que la saveur du Gamay de Touraine
    Par laquelle, en plein jour, un franc gosier fleurit ;

    Mais je ne me plains pas : j'ai mes propres feuillages,
    Ainsi que la rumeur de mon petit village,
    Et puis, n'oublions rien, ma taverne, à Paris.

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