Poème 'Windsor' de Amable TASTU dans 'Poésies'

Windsor

Amable TASTU
Recueil : "Poésies"

Fragment imité de l’anglais


It is a place full of

Storied and poetical associations…
WASHINGTON IRWING.

Vieux château de Windsor, dont les pierres gothiques
Éveillent d’Albion les harpes romantiques,
Livre au barde étranger quelque grand souvenir,
Qu’il puisse avec ses chants léguer à l’avenir.
Naguère j’ai cru voir, sous tes portiques sombres,
De tes hôtes royaux errer les nobles ombres,
Et tout bas j’évoquais les noms des anciens rois,
Espérant qu’un d’entre eux répondrait à ma voix.
C’était d’un jour serein la fraîche matinée,
Mai de ses dons rians parait la jeune année ;
A l’appel des parfums dans les airs répandus,
L’abeille reprenait ses travaux suspendus ;
La brise printanière agitait les feuillages,
Sur la face du ciel chassait de blancs nuages,
Glissait sur les gazons, sifflait dans les détours
Des murs irréguliers et des massives tours,
Et, caressant l’orgueil de leurs têtes altières,
Faisait flotter au loin les royales bannières.
Le luxe du printemps, la verdure des cours,
Où la mousse a jeté ses tapis de velours,
Le petit cri joyeux de la vive hirondelle,
Des palais délaissés habitante fidèle,
Ni ce soleil brillant, précurseur de l’été,
N’égayaient de ces lieux la vieille majesté.
Errans dans le palais dont Albion s’honore,
Mes pas retentissaient sous la voûte sonore ;
Ce bruit, que prolongeait l’arceau silencieux,
Semblait d’un temple saint l’écho religieux ;
Mes yeux rapidement glissaient sur les images
Qui rendent aux Bretons leurs guerriers et leurs sages ;
Par quel charme nouveau tout-à-coup arrêtés ?…
Oui, voilà cet essaim de riantes beautés,
Dont la grâce, à la fois lascive et fastueuse,
Ornait de Charles Deux la cour voluptueuse !
Ces yeux demi-voilés, ces longs cheveux flottans,
Ne purent désarmer ni la mort, ni le temps ;
Et, comme l’ouragan qui ravage un parterre,
Leur vol a moissonné ces fleurs de l’Angleterre.

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Commentaires

  1. Pyramide hétéroclite
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    Pierres de toute forme et de toute nature,
    Venant des hauts sommets, venues au fil des eaux;
    C’est plus enchevêtré que le nid d’un oiseau,
    Car c’est un monument de folle architecture.

    Qui t’a passé commande, architecte immature?
    Tes amis forment-ils un influent réseau,
    Comme à la cour d’un roi les nobles damoiseaux ?
    Les plans que tu traças sont des caricatures.

    Tu nous vends un délire, architecte affligeant ;
    Peut-être le fais-tu pour étonner les gens,
    Cela peut-il servir de raison suffisante ?

    Je sais qu’on a besoin, toujours, de bricoleurs,
    Mais l’oeuvre qu’on leur doit n’est pas souvent plaisante,
    Même un peu camouflée sous de belles couleurs.

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