Poème 'Adieux à la Poésie' de Théophile GAUTIER dans 'España'

Adieux à la Poésie

Théophile GAUTIER
Recueil : "España"

Allons, ange déchu, ferme ton aile rose ;
Ôte ta robe blanche et tes beaux rayons d’or ;
Il faut, du haut des cieux où tendait ton essor,
Filer comme une étoile, et tomber dans la prose.

Il faut que sur le sol ton pied d’oiseau se pose.
Marche au lieu de voler : il n’est pas temps encor ;
Renferme dans ton coeur l’harmonieux trésor ;
Que ta harpe un moment se détende et repose.

Ô pauvre enfant du ciel, tu chanterais en vain
Ils ne comprendraient pas ton langage divin ;
À tes plus doux accords leur oreille est fermée !

Mais, avant de partir, mon bel ange à l’oeil bleu,
Va trouver de ma part ma pâle bien-aimée,
Et pose sur son front un long baiser d’adieu !

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Commentaires

  1. Grande oie rêveuse
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    Cette oie va méditer dans un jardin de roses,
    Écoutant les leçons de son ami, le porc ;
    C’est un oiseau qui prend rarement son essor,
    Mais qui sait savourer des vers et de la prose.

    Quand sur le vert gazon se larges pieds se posent,
    Ce subtil animal se sent bien dans son corps ;
    Elle ne cherche point de fabuleux trésors,
    Elle mange, elle boit, puis elle se repose.

    Cette dame emplumée ne chante pas en vain,
    Lui répondent souvent des messages divins
    Et son âme n’est point à ce monde fermée.

    Quand elle entend les mots du vieux coq à l’oeil bleu,
    Elle aurait presque envie d’être sa bien-aimée ;
    Mais à son brave jars, comment dire un adieu ?

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