Poème 'À une jeune Amie' de Théophile GAUTIER dans 'Poésies nouvelles et inédites'

À une jeune Amie

Théophile GAUTIER
Recueil : "Poésies nouvelles et inédites"

Quand je fis connaissance avec votre famille,
À Marbœuf, au jardin de son cèdre si fier
(Ce souvenir pour moi semble dater d’hier),
Madame, vous n’étiez qu’une petite fille.

Je revins ; vous grimpiez encor sur les genoux,
Mais déjà dans votre œil brillait un feu plus tendre ;
La curiosité qui cherchait à comprendre
Rendait vos jeux d’enfant moins bruyants et plus doux.

Le temps de renverser quelques urnes de prose
Dans ce tonneau percé qu’on nomme feuilleton,
Et l’enfant était femme, et déjà le bouton
Trahissait en s’ouvrant les pudeurs de la rose.

Poussé d’un vague ennui, j’allai vers d’autres cieux…
Et voici qu’au foyer nous nous trouvons encore,
Vous, bel arbuste en fleur qu’un frais bourgeon décore,
Vous, toujours jeune fille, et moi déjà bien vieux.

1872

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