Poème 'Don de chair' de anne556

Don de chair

anne556

Mon adorée,
je me souviendrai toujours
de ton don de chair
dans le ravissement du zénith,

et de ce champ de seigle
où flottaient les fanaux de tes prunelles.
A notre arrivée,
des chardonnerets perchés

sur des ormes de haute futaie
nous fêtèrent
et nous bercèrent
de leurs chants mélodieux,

nous nous dépouillâmes de nos atours,
le vent caressait nos chairs nues,
la tige des épis se courba sous nos poids
dans le miracle des ciels d’azur.

Nous nous allongeâmes, haletantes,
dans le boudoir suranné de la terre assoupie,
ta toison de jais chancela
face aux haillons de mes suppliques,

le nénuphar de ton vagin
se déploya lentement
sous
mes doigts tremblotants de désir,

la braise de nos baisers s’immola
sur les tétons de nos seins,
tandis que sourdait
l’émail de nos cyprines.

Ô toi que j’aime et qui m’aimes,
redis-moi
l’archipel de nos ardeurs,
et la ronde de nos cris et de nos râles

quand nos corps ânonnèrent
sur l’esquif de nos cœurs.
A notre renaissance,
l’église du village bourdonnait

par-delà les bocages, l’été s’ordonnait
au rythme des châles des haies.
Ô mon adorée,
suis-moi dès maintenant,

retournons
en ce lieu magique,
je labourerai la glèbe
avec mes ongles,

et je planterai des grelots de rimes
et des violettes de délices
à
la gloire de notre passion !

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