Poème 'Elle' de ATOS

Elle

ATOS

Nos routes se font sentiers, le jour décroît. il est temps, pour moi, de me confier.
Ne vous ai je jamais dit celle que j’ai eu le bonheur de rencontrer?
Mon ami, frère d’âme, il me vient à cette heure l’envie de vous dire qui elle était.
Son souvenir entretient encore aujourd’hui cette flamme qui me laisse à vivre la joie de m’éveiller.
L’avoir connue est encore, à ce jour, ma plus grande aventure.
Et si je sens battre en moi avec force ce cœur d’homme, c’est à elle que je le dois, encore.
Je vous dirai qu’en elle, tout un monde me plaisait.

Lorsqu’elle venait à prendre congé de vous elle ne vous quittait jamais.
Elle s’évaporait vous laissant le plaisir de la regretter. Elle laissait les choses là où elles en étaient, ne les dérangeait pas, ni ne les bousculait.
Il s’agissait bien plus que de respect.
Elle avait en elle chose bien rare en humanité. Il y avait en elle de la bonté.
J’en suis venu à croire que sur toute chose elle déposait un peu de son âme.
Toute rencontre devenait pierre précieuse. L’espace devenait limpidité.
C’est bien en sa présence que j’ai su l’intimité.
Tout en velours et en essence, le temps venait jusqu’à nous. Et, je reconnaissais le miracle lorsqu’elle me souriait.

Certains vous diraient mieux que moi quelle belle âme elle était. Je vous dirai quel refuge elle a su me donner.
En sa présence je m’animais , et devenais meilleur, rejetant l’a peu près, m’obligeant à atteindre le plus vrai.
Elle était évidement belle. Et jamais je ne m’en lassais.
Il y avait dans le choix de de ses mots de la justesse, et, dans leur usage, la sagesse prenait place.
Ses gestes précis laissaient deviner l’exigence dont elle se paraît.
Une exacte tempérance permettait à ses propos de prendre vie, face à vous, et cela sans aucune outrance. L’urgence de les comprendre vous venait .
Elle avait l’élégance de ses sentiments, naturellement en accord avec le monde qu’elle accueillait. Par ses soupirs elle devenait symphonie.
C’était un éveil que de l’entendre, et de tout mon cœur je l’écoutais.
Tout en elle s’offrait lorsqu’elle vous regardait.
D’élégantes retenues , quelques silences entendus, ainsi qu’une intense lumière imposaient la distance, qu’elle même ,estimait.
Il y avait importance à la voir. Et lorsque ce jour s’annonçait, je revêtais calme et assurance.
Si au hasard d’un échange, une épineuse violence se dévoilait, la colère lui était étrangère. Son indignation claquait comme un fouet.
Puis, par une flamboyante démonstration elle vous donnait à respirer un air iodé , comme l’apporte le souffle de l’orage lorsqu’il vient refermer, avec fermeté, une croisée négligée .
Par tous les temps, il me plaisait de la contempler.

Il y avait en elle tant de courage qu’elle vous invitait à penser le monde en amitié.
Et je m’étonnais, en sa présence, de songer, sans ombrage, aux heures qui nous sépareraient.
La revoir était une promesse dont je parais mon âme avec tendresse.

Il y avait en elle sans doute quelques secrets mais de les desceller aucune envie ne me venait.
Je ne voulais en rien entamer l’harmonie de cette nature. Elle était ainsi et cela me convenait.
J’aimais la deviner bien plus encore que la connaître. J’avais grande faim de qui elle était, mais ne souhaitais jamais en être rassasié.
C’est donc toujours avec mesure que je m’en approchais, prenant soin de ne pas la déranger.

Ainsi ce soir, mon ami, il m’a plu infiniment de vous la conter.
Vous comprenez mieux sans doute pourquoi la vie m’est devenue bienfait.
J’ai connu un incroyable royaume.
La félicité a donc un visage m’offrant l’image d’un sourire pour lequel, je l’avoue, je me serais livré à d’étranges enfers.
Mais elle était femme de Paradis, je restais donc au jardin en sa compagnie.

Je suis votre obligé mon ami.
Car, grâce à vous, ce soir, j’ai pu vous la dire telle que je l’ai vue et, ainsi, ai je pu la revivre encore.
Je me dois de vous l’avouer à la lumière de ce récit : je connais encore ,aujourd’hui, le bonheur de l’aimer.
Et vous, mon frère , dites moi, un peu, je vous en prie, le royaume qui fit naître cet homme , et qui a fait de moi votre ami.

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Commentaires

  1. Bonjour ATOS,

    J'ai été extrêmement touchée par ce poème.
    J'y ai apprécié la justesse de l'émotion, la vivante évocation, le mélange de récit et de poésie.

  2. Magnifique poème qui touche l'âme

  3. Un poème enchanteur!!

  4. Magnifique poème merci A. A dédier à 1 personne de son choix en fait

  5. La dédicace d'un chant, voilà peut être une des définitions de la poésie.
    Amitiés, POB.

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