Poème 'Intérieur' de Paul VALÉRY dans 'Charmes'

Intérieur

Paul VALÉRY
Recueil : "Charmes"

Une esclave aux longs yeux chargés de molles chaînes
Change l’eau de mes fleurs, plonge aux glaces prochaines,
Au lit mystérieux prodigue ses doigts purs;
Elle met une femme au milieu de ces murs
Qui, dans ma rêverie errant avec décence,
Passe entre mes regards sans briser leur absence,
Comme passe le verre au travers du soleil,
Et de la raison pure épargne l’appareil.

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Commentaires

  1. Dernier sourire d'un prophète.
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    -- Bourreau, pour un instant, je retire mes chaînes,
    Et je contemple en moi l'obscurité prochaine...
    Elle a fait le bon choix, la fille au regard pur,
    J'en avais bien assez d'être au coeur de ces murs.

    On dit qu'elle a dansé avec une indécence
    Qui toujours se mêlait d'une vive élégance ;
    À cause de son voeu, je revois le soleil,
    Ainsi que son reflet dans ce plat de vermeil...

    Disciples, quel bonheur, si vous me récitiez
    Les mots de mon cousin, le fils du charpentier...
    Bourreau, n'écoute pas, je ne suis plus prophète,
    Tu vas trancher le chef d'un insouciant poète.

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Paul VALÉRY

Portait de Paul VALÉRY

Ambroise Paul Toussaint Jules Valéry est un écrivain, poète, philosophe et épistémologue français, né à Sète (Hérault) le 30 octobre 1871 et mort à Paris le 20 juillet 1945. Né d’un père d’origine corse et d’une mère génoise, Paul Valéry entame ses études à Sète (alors orthographiée Cette) chez les... [Lire la suite]

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