Poème 'La maison dort' de Charles GUÉRIN dans 'Le sang des crépuscules'

La maison dort

Charles GUÉRIN
Recueil : "Le sang des crépuscules"

La maison dort au coeur de quelque vieille ville
Où des dames s’en vont, lasses de bonnes oeuvres,
S’assoupir en suivant l’office de six heures,
Ville où le rouet gris de l’ennui se dévide.

Dans la cour un bassin où pleurent les eaux vives
D’avoir vu verdir les Tritons et d’être seules.
Et la maison laisse gémir les eaux jaseuses ;
Ses yeux sont noirs où s’avivaient jadis les vitres,

Et, vers le soir, les cuivres du soleil s’éteignent
Sur les plafonds tendus de terreuses dentelles
Qu’un coup de vent parfois tord comme des écharpes.

Les mites ont aimé dans les tentures ternes ;
Aussi, charme décoloré des chambres, charme
Des rêves qu’on a trop songés et qui se taisent.

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Charles GUÉRIN

Portait de Charles GUÉRIN

Charles Guérin, né le 29 décembre 1873 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), où il est mort, le 17 mars 1907 est un poète français. Il appartient à une grande dynastie d’industriels lorrains, propriétaire de la célèbre Faïencerie de Lunéville-Saint-Clément, connue aussi sous le nom Keller et Guérin. Au sein de sa... [Lire la suite]

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