Poème 'La maison serait pleine de roses…' de Francis JAMMES dans 'De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir'

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La maison serait pleine de roses…

Francis JAMMES
Recueil : "De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir"

La maison serait pleine de roses et de guêpes.
On y entendrait, l’après-midi, sonner les vêpres ;
et les raisins couleurs de pierre transparente
sembleraient dormir au soleil sous l’ombre lente.
Comme je t’y aimerais ! Je te donne tout mon cœur
qui a vingt-quatre ans, et mon esprit moqueur,
mon orgueil et ma poésie de roses blanches ;
et pourtant je ne te connais pas, tu n’existes pas.
Je sais seulement que, si tu étais vivante,
et si tu étais comme moi au fond de la prairie,
nous nous baiserions en riant sous les abeilles blondes,
près du ruisseau frais, sous les feuilles profondes.
On n’entendrait que la chaleur du soleil.
Tu aurais l’ombre des noisetiers sur ton oreille,
puis nous mêlerions nos bouches, cessant de rire,
pour dire notre amour que l’on ne peut pas dire ;
et je trouverais, sur le rouge de tes lèvres,
le goût des raisins blonds, des roses rouges et des guêpes.

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Commentaires

  1. Parce qu'aujourd'hui ma maison était subitement pleine de roses m'est revenu ce fragment d'un poéme fétiche de mon adolescence. Il n'a pas pris une ride. Merci Francis. En ces temps houleux, comme il est bon de retrouver votre rythme qui est celui du pas humain.

  2. Entomographie approximative
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    Insectes fabuleux sous les vieux marronniers,
    Vous me donnez l’idée de la beauté suprême ;
    Je vous consacrerai l’hommage d’un poème,
    Même sans être sûr que vous le compreniez.

    À planer dans les airs, vous fûtes les premiers ;
    Le papillon le fait pour voir celle qu’il aime,
    J’admire son parcours, et je dis en moi-même
    Qu’il montre de l’ardeur aux plaisirs coutumiers.

    L’insecte prend son vol, comme je prends ma lyre ;
    Je trace cette ligne, et je la fais relire
    À mes correspondants, des gens de bel esprit.

    Par l’entomologie on connaît des chimères,
    Fabre nous divertit tout aussi bien qu’Homère,
    Un petit corps volant, quel beau texte il écrit !

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