Poème 'Les Bouquins' de Francis JAMMES dans 'Vers'

Les Bouquins

Francis JAMMES
Recueil : "Vers"

Tu me vois quelquefois triste, énervé, grincheux,
— Quand j’ai fumé surtout mes pipes allemandes
En travaillant longtemps — alors, tu me demandes
D’où vient l’expression si dure de mes yeux.

Tu me dis que mes grands bouquins sont ennuyeux
Comme les pins et leurs petits pots dans les landes ;
C’est vrai : viens… tes baisers sont comme des amandes :
Ils ont un parfum blanc : ils sont délicieux.

T’aimer bien, ça vaut mieux que de rimer des strophes
Ou que d’étudier de tristes philosophes.
Dans un livre savant, hier soir, je lisais :

On y voulait prouver d’une façon notoire
Que la réalité n’est qu’ « hallucinatoire » ;
Je suis halluciné, chère, par tes baisers.

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Commentaires

  1. Encore la faune de Norge
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    -- Et toi, qui chantes-tu, animal sulfureux ?
    -- J'adule un freluquet qui aime une gourmande
    Qu'adore un aspirant qui drague une limande.
    -- Et toi, qui chantes-tu, dinosaure scabreux ?

    Je blasonne un râleur qui vante un orgueilleux
    Qui louange un oisif qui flatte Mélisande.
    -- Et toi, qui chantes-tu, écolier sur la lande ?
    Je fais la promotion d'un imbécile heureux

    Qui admire un héros qui meut pour une reine.
    -- Et toi, qui chantes-tu, ma petite sirène ?
    J'exalte un grand roi dont j'espère le baiser.

    -- Et toi, qui chantes-tu, barde hallucinatoire ?
    J'admire les écrits d'un mandarin notoire
    (Mais leur déchiffrement est plutôt malaisé).

  2. Sagesse du dinosaure
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    Le dinosaure a dit : «Mon époque fut belle,
    Sans ces bruyants engins qui sont malodorants;
    Heureux ce temps pour nous, aussi pour nos enfants,
    Et peut-être aussi pour ma compagne fidèle.»

    Or, je ne peux en faire un sujet de querelle,
    Je suis accommodant quand l’adversaire est grand;
    Et puis ces souvenirs qu’il s’en va savourant
    D’une douce couleur de nostalgie se mêlent.

    D’ailleurs, quand il était maître de ce terroir,
    Il était respecté pour son beau nonchaloir ;
    Il ne tourmentait point la faune obéissante.

    Peut-être, je devrais lui dire qu’il est mort,
    Que seuls restent les os de sa forme géante ;
    Mais il parle si bien, pourquoi lui donner tort ?

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