Poème 'La Fièvre' de Francis JAMMES dans 'Vers'

La Fièvre

Francis JAMMES
Recueil : "Vers"

Les genêts luisent dans la lande désolée ;
Sur l’ocre des coteaux la bruyère est de sang :
Mais tu ne peux guérir mon cœur triste où descend
Le souvenir de ma pauvre enfance en allée.

Viens : elle est d’émeraude et d’argent la vallée ;
Douce comme ta voix, l’eau chuchote en passant,
Et clair comme ton rire est l’angélus croissant ;
Fraîche comme ta bouche est la mousse mouillée.

J’ai la fièvre : Viens là, près de ces romarins,
Près de ce puits glacé que ronge l’herbe fraîche ;
Viens, pleurons et mourons, fillette aux yeux sereins ;

Nous sommes las : moi, las de sentir une brèche
En mon cœur mort d’amour lors de son mois de mai,
Toi, lasse en ton printemps de n’avoir pas aimé.

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Commentaires

  1. Ciel d'or et ciel d'azur
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    Au ciel d’or, vois danser la faune décalée,
    Le rapace et le boeuf, issus d’un noble sang,
    Et leur sauvage voix vers le ciel bleu descend,
    Comme tombe la brume au fond d’une vallée.

    Des gens du ciel d’azur, la plume inégalée
    D’alexandrins subtils se va, le jour, berçant
    Et goûte dans la nuit le froid noir et glaçant
    Que ne peut arrêter leur fourrure étalée.

    Ciel d’or et ciel d’azur sont des mondes sereins,
    Car un art poétique y règne en souverain
    Comme en un grand jardin, dessous la brise pure.

    N’est-il, ce mois de mai, celui du tendre amour
    Dont l’ours et le bélier s’enivrent tour à tour ?
    Nul ne peut concevoir de plus belle aventure.

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