Poème 'Le Robin des bois' de Émile NELLIGAN dans 'Émile Nelligan et son œuvre - Amours d'élite'

Le Robin des bois

Émile NELLIGAN
Recueil : "Émile Nelligan et son œuvre - Amours d'élite"

Pendant que nous lisions Werther au fond des bois,
Hier s’en vînt chanter un robin dans les branches;
Et j’en saisi vos mains, j’ai saisi vos mains blanches,
Et je vous ai parlé d’amour comme autrefois.

Mais vous êtes restée insensible à ma voix,
Muette au jeune aveu des affections franches;
Quand soudain, vous levant, courant dans les pervenches,
Émue, et m’appelant, vous m’avez crié: « Vois ! »

Voici qu’était tombé du frissonnant feuillage
L’oiseau sentimental, frappé dans son jeune âge,
Et qui mourrait, sitôt, pauvre ami du printemps.

Et vous, vous le pleuriez, regrettant sa romance,
Pendant que je songeais, fixant l’azur immense:
Le Robin et l’Amour sont morts en même temps !

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

Émile NELLIGAN

Portait de Émile NELLIGAN

Émile Nelligan (24 décembre 1879 à Montréal – 18 novembre 1941 à Montréal) est un poète canadien (québécois). Disciple du symbolisme, il a été profondément influencé par Octave Crémazie, Louis Fréchette, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Georges Rodenbach, Maurice Rollinat et Edgar Allan Poe. Parmi les... [Lire la suite]

© 2019 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS