Poème 'Le sein d’Amaranthe' de Pierre de MARBEUF

Le sein d’Amaranthe

Pierre de MARBEUF

Mon esprit qui toujours d’un vain espoir s’apaise,
Compare votre sein, dont je suis envieux,
A des jeunes boutons, puis il dit à mes yeux :
Si vous les pouviez voir, ne mourriez-vous point d’aise ?

Ainsi dans mon esprit s’allume une fournaise,
Et son feu se nourrit d’un objet gracieux,
Qui me fait concevoir en tout et en tous lieux,
L’enflure de ce marbre où fleurit une fraise.

Enfin si votre amour demeure le vainqueur,
Et si jusqu’à la mort vous poursuivez mon coeur,
Mon Amaranthe, au moins donnez-lui sépulture.

Que si vous voulez suivre en cela mon dessein,
Son tombeau n’aura pas une autre couverture
Que du marbre qu’on voit qui blanchit votre sein.

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Commentaires

  1. Oiseau rédempteur
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    Voici le bel oiseau qui l’inframonde apaise,
    Car il sait pardonner aux ennemis des dieux ;
    Les démons, pleins d’espoir, sur lui posent les yeux,
    Leur coeur égaré croit revivre la Genèse.

    Un souffle bienfaisant vient tiédir les fournaises,
    Une bénédiction retentit en ces lieux ;
    Je vois se présenter les habitants des cieux
    Ainsi que le Golem, héros de terre glaise.

    C’est un affrontement sans vaincu ni vainqueur,
    C’est la douceur dans l’âme et l’éveil dans le coeur ;
    C’est le commencement d’une belle aventure.

    Mais il n’existe point, ce volatile saint,
    Sinon dans le folklore ou la littérature ;
    Aussi, sur un tableau de Nicolas Poussin.

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