Poème 'L’Égratignure' de Théophile GAUTIER dans 'Un douzain de sonnets'

L’Égratignure

Théophile GAUTIER
Recueil : "Un douzain de sonnets"

Quand vous vîntes dimanche, en déesse parée,
Avec tous vos rayons éblouir votre cour,
Chacun disait, voyant ce buste au pur contour :
« C’est Vénus de Milo d’une robe accoutrée ! »

Mais votre épaule était d’un trait rouge effleurée :
Tel le ramier blanc saigne aux serres de l’autour,
Telle rosit la neige aux premiers feux du jour ;
Le carmin s’y mêlait à la pâleur nacrée.

Quelle audace a rayé ce marbre de Paros ?
Vous en donniez la faute à l’épaulette étroite,
Mais moi j’en accusais la flêche d’or d’Éros :

Il vous visait au cœur ; la pointe maladroite
(Car le dieu tremblait fort devant tant de beauté)
N’atteignit pas le but et glissa de côté !

21 avril 1869.

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