Poème 'Les songes funestes' de François Tristan L'HERMITE dans 'Les Amours de Tristan'

Les songes funestes

François Tristan L'HERMITE
Recueil : "Les Amours de Tristan"

Cette nuit en dormant d’un somme inquiété,
J’ai toujours combattu de tristes rêveries,
La clarté d’un tison dans une obscurité
M’a fait à l’impourvu paraître des Furies.

Près de moi la Discorde, et l’Infidélité
Montraient leur violence en mille barbaries,
Et de sang épandu, partout leur cruauté
Souillait l’argent de l’onde, et l’émail des prairies.

Troublé de ces horreurs je ne sais que penser,
Si ce n’est que le ciel me veuille menacer
De quelque changement en l’âme de Silvie.

Songe, fantôme affreux, noir ennemi du jour,
Parle-moi si tu veux de la fin de ma vie,
Mais ne m’annonce point la fin de son amour !

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Commentaires

  1. Manoir des rêveurs
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    Leurs songes sont chargés de sombres signes,
    Un dieu leur parle en termes surannés ;
    Puis il se met, n’en sois pas étonné,
    À leur dicter de sévères consignes.

    De l’inframonde ils pensent être dignes,
    Car un jardin fut par eux profané ;
    Le seul espoir qu’ils ont jadis glané,
    C’est quand les cieux leur ont donné la vigne.

    Bien effrayés par Jupiter tonnant,
    Peu rassurés par les clochers sonnants,
    Ils sont soumis à la Parque vorace.

    J’ai reçu d’eux, les ayant fréquentés,
    Un fier blason joliment pigmenté
    Qu’ils ont choisi pour que je l’arborasse.

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