Poème 'A des cimetières' de François Tristan L'HERMITE dans 'Plaintes d'Acante'

A des cimetières

François Tristan L'HERMITE
Recueil : "Plaintes d'Acante"

Séjour mélancolique, où les ombres dolentes
Se plaignent chaque nuit de leur adversité
Et murmurent toujours de la nécessité
Qui les contraint d’errer par les tombes relantes,

Ossements entassés, et vous, pierres parlantes
Qui conservez les noms à la postérité,
Représentant la vie et sa fragilité
Pour censurer l’orgueil des âmes insolentes,

Tombeaux, pâles témoins de la rigueur du sort,
Où je viens en secret entretenir la mort
D’une amour que je vois si mal récompensée,

Vous donnez de la crainte et de l’horreur à tous,
Mais le plus doux objet qui s’offre à ma pensée
Est beaucoup plus funeste et plus triste que vous.

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Commentaires

  1. Ambipiaf de gueules
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    De gueules, l’ambipiaf à la démarche lente
    Ne proteste jamais contre l’adversité ;
    Il accepte le poids de la nécessité,
    Sans cesser de mener une vie indolente.

    Il aime, au poulailler, la volaille parlante
    Dont il ne peut avoir nulle postérité ;
    Il contemple le monde et sa fragilité,
    L’humaine frénésie lui semblant insolente.

    Jamais il ne se plaint de la rigueur du sort,
    Il sait que l’existence aboutit à la mort,
    Mais que la dure loi est parfois compensée

    Par un léger bonheur qui vient à petits coups ;
    Il ne sait pas quoi faire avec cette pensée,
    Cette règle du jeu ne lui dit rien du tout.

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