Poème 'Miroirs' de Rainer Maria RILKE dans 'Sonnets à Orphée'

Miroirs

Rainer Maria RILKE
Recueil : "Sonnets à Orphée"

Miroirs, jamais encor savamment l’on n’a dit
ce qu’en votre essence vous êtes.
Intervalles du temps,
combles de trous, tels des tamis.

Vous gaspillez encor la salle vide
au crépuscule, profonds comme un bois.
Et le lustre traverse ainsi qu’une ramure
de cerf votre aire inaccessible.

Vous êtes quelques fois pleins de peinture.
Plusieurs semblent passés en vous, —
d’autres, vous les laissiez aller, farouches.

Mais la plus belle restera,
jusqu’à ce que dans ses joues lisses,
clair et défait, pénètre le narcisse.

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Commentaires

  1. Trouble ronsardien
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    *
    Le miroir se regarde au feu de la chandelle.
    Il s'inquiète du jour finissant et filant
    Si précipitamment, en ayant l'air si lent.
    Il reconnaît pourtant que la journée fut belle.
    *
    Ce qu'elle a de plus beau, c'est qu'elle est sans nouvelles,
    Nul n'aura le besoin d'en faire le bilan.
    D'où vient ce sentiment, tracas obnubilant,
    Fantôme du reflet d'une angoisse éternelle ?
    *
    Le grand salon l'ignore, et, tranquille et dispos,
    Dans le soir ténébreux se prépare au repos.
    Le miroir garde en lui cette crainte accroupie,
    *
    Envers qui la chandelle a montré du dédain.
    Allons, faut vivre avec, ça ira mieux demain,
    Obscures sont parfois les choses de la vie.

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