Poème 'Phyllis' de Charles-Marie LECONTE DE LISLE dans 'Poèmes antiques'

Phyllis

Charles-Marie LECONTE DE LISLE
Recueil : "Poèmes antiques"

(Études latines, V)

Depuis neuf ans et plus dans l’amphore scellée
Mon vin des coteaux d’Albe a lentement mûri ;
Il faut ceindre d’acanthe et de myrte fleuri,
Phyllis, ta tresse déroulée.

L’anis brûle à l’autel, et d’un pied diligent
Tous viennent couronnés de verveine pieuse ;
Et mon humble maison étincelle joyeuse
Aux reflets des coupes d’argent.

Ô Phyllis, c’est le jour de Vénus, et je t’aime !
Entends-moi ! Téléphus brûle et soupire ailleurs ;
Il t’oublie, et je t’aime, et nos jours les meilleurs
Vont rentrer dans la nuit suprême.

C’est toi qui fleuriras en mes derniers beaux jours :
Je ne changerai plus, voici la saison mûre.
Chante ! les vers sont doux quand ta voix les murmure,
Ô belle fin de mes amours !

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Charles-Marie LECONTE DE LISLE

Portait de Charles-Marie LECONTE DE LISLE

Charles Marie René Leconte de Lisle, né le 22 octobre 1818 à Saint-Paul dans l’Île Bourbon et mort le 17 juillet 1894 à Voisins, était un poète français. Leconte de Lisle passa son enfance à l’île Bourbon et en Bretagne. En 1845, il se fixa à Paris. Après quelques velléités lors des événements de 1848, il renonça... [Lire la suite]

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