Poème 'Sens, tranquille ami…' de Rainer Maria RILKE dans 'Sonnets à Orphée'

Sens, tranquille ami…

Rainer Maria RILKE
Recueil : "Sonnets à Orphée"

Sens, tranquille ami de tant de larges,
combien ton haleine accroît encor l’espace.
Dans les poutres des clochers obscurs,
laisse-toi sonner. Ce qui t’épuise

devient fort par cette nourriture.
Va et viens dans la métamorphose.
Quelle est ta plus pénible expérience ?
S’il te semble amer de boire, fais-toi vin.

Sois dans cette nuit de démesure
la force magique au carrefour des sens,
et le sens de leur rencontre singulière.

Que si le destin terrestre un jour t’oublie,
à la calme terre, dis : je coule.
A l’eau vive, dis : je suis.

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Commentaires

  1. Le dernier des sonnets à Orphée
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    Pays de Poésie, 20-9-13
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    Calme ami des lointains, peux-tu sentir
    Combien ton souffle amplifie cet espace ?
    Aux poutres du clocher, vont retentir
    Les carillons. Ton prédateur vorace

    Ainsi nourri gagne une force neuve.
    Sors et entre à nouveau, change sans fin.
    Quelle fut ta plus torturante épreuve ?
    Si boire est amertume, sois le vin.

    Sois cette nuit, par le débordement
    De la magie des sens en croisement,
    De leur coïncidence, un sens déduit.

    Si oublié de Terre te trouvais,
    Dis à la calme Terre : Je m’en vais ;
    Mais dis au flot précipité : Je suis.

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