Poème 'Toute la vie' de Paul CELAN dans 'Pavot et mémoire'

Toute la vie

Paul CELAN
Recueil : "Pavot et mémoire"

Les soleils des demi-sommeils sont bleus comme tes cheveux une heure avant le jour.
Eux aussi poussent vite comme l’herbe sur la tombe d’un oiseau.
Eux aussi sont pris dans notre jeu, joué comme un rêve sur les bateaux des plaisirs.
Aux falaises crayeuses du temps les poignards les rencontrent aussi.

Les soleils des sommeils profonds sont plus bleus: ta boucle ne fut telle qu’une seule fois:
Je m’attardais comme un vent de nuit au sein vénal de ta soeur;
tes cheveux étaient à l’arbre au-dessus de nous, mais tu n’étais pas là.
Nous étions le monde, et tu étais un arbuste devant les porches.

Les soleils de la mort sont blancs comme les cheveux de notre enfant:
hors des hautes eaux il s’éleva quand tu dressas une tente sur la dune.
Les yeux éteints, il brandit sur nous le couteau du bonheur.

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Commentaires

  1. Le soleil qui s'annonce à l'horizon de L'Est demi-obscur
    Semble un astre refroidi, mais sa clarté, c'est l'espoir
    Qui annonce peut-être un jour de grands plaisirs partagés
    Ou de bière au comptoir avec des gens très instruits.

    Le soleil qui dans l'azur met sa brisure
    Ouvre la chambre au petit jour de mauvais temps
    Et ce soleil semble porté par le vent du matin
    Vers les banlieues parfois verdoyantes et parfois non.

    Le soleil de midi est plus savant que mes pareils,
    Il transforme la banlieue grise en lumineux poème ;
    Il console le prince épris d'une rose éphémère
    En lui montrant les pavots innombrables des bas-côtés.

  2. Das ganze Leben (celan)
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    Die Sonnen des Halbschlafs sind blau wie dein Haar eine Stunde vor Morgen.
    Auch sie wachsen rasch wie das Gras überm Grab eines Vogels.
    Auch sie lockt das Spiel, das wir spielten als Trau m auf den Schiffen der Lust.
    Am Kreidefelsen der Zeit begegnen auch ihnen die Dolche.

    Die Sonnen des Tiefschlafs sind blauer: so war deine Locke nur einmal:
    Ich weilt als ein Nachtwind im käuflichen Schoß deiner Schwester;

    dein Haar hing im Ba um über uns, doch warst du nicht da. Wir waren die Welt, und du wars t ein Gesträuch vor den Toren.
    Die Sonnen des Todes sind weiß wie das Haar unsres Kindes: es stieg aus der Flut, als du aufschlugst ein Zelt auf der Düne. Er zückte das Messer des Glücks über uns mit erloschenen Augen.

  3. Drei Sonnen (Cochonfucius)

    Die Sonne, die am halbdunklen Horizont nach Osten bald scheinen wird
    Sieht aus wie ein abgekühlter Stern, aber ihre Klarheit heißt Hoffnung
    Und vielleicht ein Tag der gemeinsamen Freude,
    Oder Bier an der Bar mit sehr gebildeten Menschen.

    Die Sonne, die den blauen Himmel zerbricht,
    Öffnet das Zimmer in der Morgendämmerung mit schlechtem Wetter
    Als wûrde sie durch de Morgenwind geführt
    Nach de manchmal grünen Vororten (und manchmal nicht).

    Die Mittagssonne ist weiser als meine Kollegen
    Sie verwandelt die grauen Mietskasernen zu einem heiteren Gedicht ;
    Sie tröstet den mit einer kurzlebigen Rose verliebten Prinz,
    Ihm die unzähligen Mohnblumen neben der Straße zeigend.

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