Poème '14' de ATOS

14

ATOS

Le malheur tu t’y habitues jamais.
Tu fais avec, comme avec le mauvais temps, avec les cons, avec tout le reste que tu ranges avec « les sait -on -jamais ».
Mais voilà. On ne sait jamais rien.
Et puis ce qu’on sait y a des jours où faudrait mieux ne jamais l’avoir croisé.
On s’y habitue jamais au malheur.
On sait où il est naît, bien à l’écart de ce qui t’est étranger.
Tu sais toujours par où il a commencé mais pour finir tu sais jamais où il va se poser.
I d’mande jamais tes papiers, puisque c’est lui qui décline ton identité.
Lui et toi, vous avez la même ombre, c’est pt’ être pour ça qu’on finit par vous confondre.
ET puis un jour y a un qui rentre, qui r’ garde ta gueule ravagée et pis qu’ i s’ met à raconter.
A t’ r’aconter que dans l’ fond, i voudrait bien y r’ goûtait, i voudrait y r’ tournait. Qu’ i donnerait tout ce qu’il aura jamais pour pouvoir aller y tremper le bout d’ son nez.
Alors tu vas lui d’ mandez au zig « de quoi et de qu’est ce » qu’il est entrain de parler.
Alors i s’ tourne vers toi, i t’ sort un mot étrange, un truc qui sonne comme un cristal sur ta pierre d’évier.
« Le bonheur mon gars, ….le bonheur. Ne m’ dis pas que t’y as jamais goûté. Avec une gueule pareille , t’as bien du trinquer à sa santé. »
Alors tu s’ coues la tête parce que le reste se met à trembler.
Vu que les nuits sont fraîches, et que l’ malheur est toujours collé à tes pieds tu tires sur tes manches et tu t’ mets à l’écouter.
I t’ raconte des trucs qu’ t’avais toujours eu idée mais, t’en causais jamais, vu qu’ tu savais pas comment ça s’appelait.
Maintenant tu commences à piger.
Tu commences à saisir qu’ les couleurs, elles ont des formes, et puis que les lignes elles n’en finissent jamais, que si tu r’ etourne une feuille i s’ pourrait qu’ a toi tout seul le monde.. tu le fasses guincher.
Ah t’en savais des choses des choses d’on -ne- sait- jamais : Qu’ des pierres on fait des cercueils, que plus qu’ tu bois moins tu réchauffes, que si t’as froid c’est qu’ c ‘est bon signe, signe que pour t’a gueule, on s’ mettra pas en deuil.
T’en savais des choses, et tu savais même bien les plier, et v’ là que t’en apprends de Belle.
T’apprends qu’y a rien qui s’ résume, que si tu respires i s’ pourrait que bien que tu survives, que la couleur du ciel elle tient pas à ta chemise, mais qu’ les nuages eux ils ont le même parfum qu’ la peau. T’en perds pas une miette, tu veux plus en avoir à s’ couer. Jamais.
T’écoutes et tu prends note sur le cahier du jour où t’as écrit « sait on toujours » : Le bonheur on l’apprend par le cœur, c’est pour ça qu’on le retient toujours.

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