Poème '16 – Après qu’un temps la grêle et le tonnerre…' de Louise LABÉ dans 'Sonnets'

Accueil > Les poètes > Poèmes et biographie de Louise LABÉ > 16 – Après qu’un temps la grêle et le tonnerre…

16 – Après qu’un temps la grêle et le tonnerre…

Louise LABÉ
Recueil : "Sonnets"

Après qu’un temps la grêle et le tonnerre
Ont le haut mont de Caucase battu,
Le beau jour vient, de luer revêtu.
Quand Phébus a son cerne fait en terre,

Et l’Océan il regagne a grand’erre ;
Sa soeur se montre avec son chef pointu.
Quand quelque temps le Parthe a combattu,
Il prend la fuite et son arc il desserre.

Un temps t’ai vu et consolé plaintif,
Et défiant de mon feu peu hâtif ;
Mais maintenant que tu m’as embrassée

Et suis au point auquel tu me voulais,
Tu as ta flamme en quelque eau arrosée,
Et es plus froid qu’être je ne soulais.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. Métamorphoses
    --------------------------

    En plein hiver, le chef de Piaf-Tonnerre
    Est quelquefois de froide pluie battu ;
    Pour se trouver plus chaudement vêtu,
    Le bel oiseau se change en ours polaire.

    En plein été, chauds comme en une serre,
    Les airs n’ont plus l’apaisante vertu
    De rafraîchir les animaux fourbus ;
    Notre héros devient un dromadaire.

    D’être changeant, l’oiseau est-il fautif ?
    Non, il agit par un simple motif,
    Pour supporter, tantôt l’heure embrasée,

    Tantôt le froid qui tue les oiselets.
    Son apparence est métamorphosée,
    Mais c’est toujours le même coeur simplet.

  2. Ours bipolaire
    -----------------

    Moi, fils du charpentier, je commande au tonnerre,
    Et contre les éclairs, j’ai souvent combattu ;
    Ma tante m’a jadis de ces dons revêtu,
    Qu’on voit passer, le soir, sur son ours bipolaire.

    Je survis au désert, brûlant comme une serre,
    Car elle m’a transmis la solide vertu
    Dont le roi,son ancêtre, autrefois fut pourvu ;
    C’est David, qui fut sobre autant qu’un dromadaire.

    Or, de m’avoir tenté, le diable est-il fautif ?
    Non, car il fit cela par un simple motif :
    Il savait que j’allais, dans la plaine embrasée,

    Sans avoir emporté gourde ni gobelet,
    Pour que ma condition fût métamorphosée :
    Je dis qu’il a tenu son rôle de valet.

Rédiger un commentaire

Louise LABÉ

Portait de Louise LABÉ

Louise Labé née Louise Charly en 1524 à Lyon, décédée le 25 avril 1566 à Parcieux-en-Dombes, est une poétesse française. Surnommée « La Belle Cordière », elle fait partie des poètes en activité à Lyon pendant la Renaissance.
Elle était la femme de Perin, riche marchand de cordes, qui possédait plusieurs maisons à Lyon.... [Lire la suite]

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto