Poème 'Automne malade' de Guillaume APOLLINAIRE dans 'Alcools'

Automne malade

Guillaume APOLLINAIRE
Recueil : "Alcools"

Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes* aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé

Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule

*Dans la mythologie germanique et scandinave les nixes sont des nymphes aquatiques qu’affectionne l’auteur (cf la Lorelei, qu’il évoque dans un autre poème). Apollinaire les qualifie de « nicettes », de l’ancien français « nice » : niais, mignon.

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