Poème 'Bedlam' de ATOS

Bedlam

ATOS

Aux portes de Bedlam, ils sont venus frapper.
Ils y jettent la mauvaise peine en libérant leurs chaînes.
Beldam ouvre ses lèvres et renifle l’haleine des corps hallucinés.

Bedlam gueule et tremble. Il éructe son égout.
Bedlam m’accueille. Il me saute contre flancs.
Je partagerai donc le sel.
Demain viendra se rompre demain.

Entre cadre des néons – à la face de ses anges,
Bedlam tresse les cordes du grand hamac blanc .
Son ventre de poutres et de briques est le creuset brûlant dans lequel se trouble le cristal des fous.

A la fenêtre de Bedlam, la pluie vient de passer.
Elle chevauche des bancs de prière et recrache ce qu’elle nous lèche.
Tout- jusqu’au dégoût.

La salle est grande.
Nous y seront – seuls, et, bien nombreux.

Bedlam est à l’ouvrage.
Il fait entendre ses mains sur son miroir d’acier.
Bedlam regarde le village qui ne le regarde jamais.
C’est un lieu qu’il convient de taire. Les cris se glissent dans la chair.
Le requiem d’Orphée est en lecture. Hurlez mais, avant, , il vous en prie, avancez.

Aux portes de Bedlam, les fils tirent la lande à la croupe des collines.
Trotte cri et chuchote. Dents de loups sur visage de fou.

Bedlam est affreusement gourmand. Alors il mange tout le temps.
Bedlam mâche ses entrailles et découd lentement ses enfants entre ses draps blancs.
Bedlam est la fosse tragédie aux actes des étranges.
Douceur des ronces contre la peau de son ortie.

Bedlam enserre ses enfants, il sait que le village les attend.
Il guette en regard leurs instants.

Entre les murs de Bedlam reposent certains chants.
Bedlam garde le secret entre ses dents, c’est pourquoi il chante si fort du dedans.

Aux portes de Bedlam, le village vient cogner si souvent…
A l’atelier des ébréchés on paie son ticket.
Le manège ne s’arrête jamais.

Tant que Bedlam reste dans ses terres, le village reste à sa paix.


« Ce monde est un grand Bedlam, où des fous enchaînent d’autres fous. » Voltaire

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