Poème 'Cheval' de Aimé CÉSAIRE

Cheval

Aimé CÉSAIRE

Mon cheval bute contre des crânes joués à la marelle de la rouille
mon cheval se cabre dans un orage de nuages qui sont des putréfactions de chairs à naufrage
mon cheval hennit dans la petite pluie de roses que fait mon sang dans le décor des fêtes foraines
mon cheval bute aux buissons de cactus qui sont les noeuds de vipère de mes tourments
mon cheval bute hennit et bute vers le rideau de sang de mon sang
tiré sur tous les ruffians qui jouent aux dés mon sang
mon cheval bute devant l’impossible flamme de la barre que hurlent les vésicules de mon sang
Grand cheval mon sang
mon sang vin de vomissure d’ivrogne
je te le donne grand cheval
je te donne mes oreilles pour en faire des naseaux sachant frémir
mes cheveux pour en faire une crinière des mieux sauvages
ma langue pour en faire des sabots de mustang
je te les donne
grand cheval
pour que tu abordes à l’extrême limite de la fraternité
les hommes d’ailleurs et de demain
avec sur le dos un enfant aux lèvres à peine remuées
qui pour toi
désarmera
la mie chlorophyllienne des vastes corbeaux de l’avenir.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

Aimé CÉSAIRE

Portait de Aimé CÉSAIRE

Aimé Fernand David Césaire, est un poète et homme politique français de Martinique, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. Il est l’un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu. Aimé Césaire faisait partie, d’une famille de sept... [Lire la suite]

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto