Poème 'Choc de cavaliers' de Théophile GAUTIER dans 'La Comédie de la Mort'

Choc de cavaliers

Théophile GAUTIER
Recueil : "La Comédie de la Mort"

Hier il m’a semblé (sans doute j’étais ivre)
Voir sur l’arche d’un point un choc de cavaliers
Tout cuirassés de fer, tout imbriqués de cuivre,
Et caparaçonnés de harnais singuliers.

Des dragons accroupis grommelaient sur leurs casques,
Des Méduses d’airain ouvraient leur yeux hagards
Dans leurs grands boucliers, aux ornements fantasques,
Et des nœuds de serpents écaillaient leurs brassards.

Par moments, du rebord de l’arcade géante,
Un cavalier blessé perdant son point d’appui,
Un cheval effaré tombait dans l’eau béante,
Gueule de crocodile entr’ouverte sous lui.

C’était vous, mes désirs, c’était vous, mes pensées,
Qui cherchiez à forcer le passage du pont,
Et vos corps tout meurtris sous leurs armes faussées
Dorment ensevelis dans le gouffre profond.

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