Poème 'De l’oublie' de ATOS

De l’oublie

ATOS

Inquiète toi.
Lorsque tu tiens un morceau de pain.
Ne t’y accroche pas.
Puisqu’il est là, alors prends le.
Mais avant de saisir la chaleur de son parfum,
inquiète toi.
Inquiète toi
de ce grain qui n’a pas eu la force de germer,
de celui qui n’a pas eu la patience, ni la sagesse de s’élever.
Inquiète toi
Inquiète toi de la nuit qui l’a recouvert
inquiète toi de cette eau qui n’a pas pu lui être donnée.
inquiète toi de savoir pourquoi dans ce pain
que tu tiens et que tu peux manger
inquiète toi de savoir combien de grains manquent à sa chair
inquiète toi
de celui qui n’a pas eu le temps de voir ces épis se dresser
de celle qui n’a plus la force de chanter la mémoire de son blé
inquiète de savoir où leurs mots sont enterrés
inquiète toi du soleil qui n’est pas venu,
inquiète toi
du fer et de l’acier qui les ont piétinés
inquiète de la flamme qui les a effacés,
Lorsque tu tiens un morceau de pain,
Ne t’y accroche pas.
Partage le.
Partage le comme on sème le blé.
Pense pour te nourrir
apaise ta faim, verse ta pensée
Et inquiète toi
Inquiète toi toujours
de celui qui te manque,
et qui n’est pas là à tes côtés
comme il manque un grain sur un épis de blé.
Lorsque tu tiens un morceau de pain
Inquiète toi,
non pas de savoir si son poids saura te sauver
mais inquiète de savoir pourquoi ce pain te semble si léger.
Si tu tiens un morceau de pain,
ne prononce pas de merci pour le grain de son blé
ou si tu dois le faire alors n’oublie pas qu’avant de reconnaître
tu devras toujours connaître le poids de ce que tu tiens comme vérité.
inquiète toi de savoir qui te l’a donné
inquiète toi
et si tu dois t’inquiéter de son prix
alors inquiète toi de celui à qui a reçu des coups
pour le faire pousser.
Et inquiète toi de savoir quelle main les a donnés.
Mange peut être mais inquiète toi
toujours.
Tu ne seras jamais repu tant que tu ne te nourriras pas de cette pensée.
Lorsque que tu tends un morceau de pain
Ne t’y accroche pas.
Ne le jette pas, ne le fais pas tomber
mais laisse le toujours aller .
Comme on adresse aux vents
autour de la terre des grains blé.
Et enfin rassure toi,
fais confiance à la terre
elle se chargera de l’espoir.
C’est ce que contient chaque grain de blé.
Et inquiète toi
inquiète toi de savoir qu’aucun mur
autour de lui ne viendra se dresser.
Et si la Gloire peut parfois naître du geste
la Grâce, elle, protège toujours tout le reste.
Qu’il nous soit toujours donné la force de nous inquiéter.

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